UN TREIZE OCTOBRE  À MIDI

Encore un truc de fou

Ce treize octobre à midi

Écrire en croquant un dernier grapillon du raisin de sa treille

À l’ombre de son grenadier tant le soleil tape

Écrire une phrase qui prend la forme de deux ou trois vers

Je déteste les gens qui prennent au sérieux

Leurs écrits vains

En écrivant moi je respire

Je m’oublie

Je lâche prise

Je n’écris pas

Je peins le passage

Pour mes lectrices

Et mes lecteurs

Figures en absence

Que ma plume réinvente

L’ARC ET LA CIBLE

Je ne sais pas comment va se terminer ce bref écrit

Certainement pas par il a deux trous rouges au côté droit

Je ne sais pas trop comment poursuivre ces balbutiements entre le Dormeur du val, le feu et la parole, la nuit noire et l’essai de la transfigurer

Et, en définitive, la tentative de faire disparaitre ce je ne sais pas

Je sais qu’il faut tirer la flèche sans voir la cible et en souhaitant qu’elle apparaisse au dernier moment