Une fois n’est pas coutume mais mon texte cette nuit est raté Il parlait des couleurs matières qui cachent un visage fardé pour un rituel Il parlait de la lumière noire de l’instant présent où le mot d’ordre des Lumières Ose Savoir a lamentablement tendance a être remplacé sur les réseaux de ragoteurs par l’ignoble Ose ne pas savoir O que ça fait mal O que ça fait mal Que ce triste monde ça fait mal !
Author Archives: Jean Jacques Dorio
PERTE DE VOIX
Cette nuit j’ai perdu la voie la voix veux-je dire Celle qui écrivait sur des parchemins en peau d’animal intérêt et principal On me dit que si je ne suis pas capable de trouver ma propre voix je n’ai aucune chance de cheminer sur la voie lactée des écrivains morts et reconnus Ça tombe bien je n’ai pas l’intention d’être mort ni reconnu
LE MALADE RIT COMME UN BOSSU
Proust était malade à en crever mais pour l’oublier il tapait toutes les nuits sur le tambour de phrases qui n’en finissaient pas Puis sans crier gare il entendait la vie qui dehors à l’aurore reprenait Alors il posait plumes et encrier et appelait Céleste Il lui disait l’œil malicieux Céleste j’ai une grande nouvelle à vous annoncer Cette nuit après avoir trouvé le fin mot j’ai écrit le mot FIN Et ils riaient tous les deux comme des bossus
LE SEL DONT ON FAIT LES POÈMES
LE SEL DONT ON FAIT LES POÈMES
Au cœur de la ressemblance, la différence, l’ambiguïté du soleil noir, le miel de la mélancolie. Les mots s’en vont dans la nuit blanche, jouer du coude, mettant à nu les facettes de tous nos clichés. Sur la balance de nos lubies, ils nous promettent d’être nuages, brassées de fleurs, constellations des Pléiades, alternativement mâles ou femelles. Au cœur de la différence, la ressemblance qui rend la mer folle de ce sel dont on fait les poèmes.
L’ANGELUS DU SOIR
L’ANGELUS Marcel Proust écrit dans Les Plaisirs et des Jours, À toutes les époques de sa vie, dès qu’il entendait le son lointain des cloches, il se rappelait malgré lui leur douceur dans l’air du soir, quand, petit enfant encore, il rentrait au château, par les champs…Moi qui suis fils de paysan, j’ai entendu aussi les cloches du soir sonnant l’angelus, alors, qu’enfant je ramenais de leur prairie, les deux ou trois vaches de mon père, vers l’étable où il m’attendait pour les « moudre », (les traire). Mais avant, c’était un plaisir que n’a pas connu ce cher Marcel, je les amenais s’abreuver à l’Arize, la rivière de mes douces rêveries.
L'ARIZE La rivière de mon village N’est dans aucune anthologie Ni Nil Garonne Ni Don Neckar Tamise Meuse Ni Seine Amazone Mais c’est ma rivière Où j’ai appris à nager Pêcher Rêver Où j’ai été sa forme changeante Et ses couleurs Elle sort cette nuit de mon lit Et fait ses ricochets Arize Arize Arize De rive à rive De berge à berge Comme une gravure Qui mord et creuse Ce poème électrique À contre-courant Ni Nil Ni Don Mais de toutes les rivières du monde Mon bel affluent
https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-dictionnaire-part-moi