UN TEXTE RATÉ

Une fois n’est pas coutume mais mon texte cette nuit est raté Il parlait des couleurs matières qui cachent un visage fardé pour un rituel Il parlait de la lumière noire de l’instant présent où le mot d’ordre des Lumières Ose Savoir a lamentablement tendance a être remplacé sur les réseaux de ragoteurs par l’ignoble Ose ne pas savoir O que ça fait mal O que ça fait mal Que ce triste monde ça fait mal !

LE MALADE RIT COMME UN BOSSU

Proust était malade à en crever mais pour l’oublier il tapait toutes les nuits sur le tambour de phrases qui n’en finissaient pas Puis sans crier gare il entendait la vie qui dehors à l’aurore reprenait Alors il posait plumes et encrier et appelait Céleste Il lui disait l’œil malicieux Céleste j’ai une grande nouvelle à vous annoncer Cette nuit après avoir trouvé le fin mot j’ai écrit le mot FIN Et ils riaient tous les deux comme des bossus

LE SEL DONT ON FAIT LES POÈMES

LE SEL DONT ON FAIT LES POÈMES

Au cœur de la ressemblance, la différence, l’ambiguïté du soleil noir, le miel de la mélancolie.  Les mots s’en vont dans la nuit blanche, jouer du coude, mettant à nu les facettes de tous nos clichés. Sur la balance de nos lubies, ils nous promettent d’être nuages, brassées de fleurs, constellations des Pléiades, alternativement mâles ou femelles. Au cœur de la différence, la ressemblance qui rend la mer folle de ce sel dont on fait les poèmes.

L’ANGELUS DU SOIR

L’ANGELUS Marcel Proust écrit dans Les Plaisirs et des Jours, À toutes les époques de sa vie, dès qu’il entendait le son lointain des cloches, il se rappelait malgré lui leur douceur dans l’air du soir, quand, petit enfant encore, il rentrait au château, par les champs…Moi qui suis fils de paysan, j’ai entendu aussi les cloches du soir sonnant l’angelus, alors, qu’enfant je ramenais de leur prairie, les deux ou trois vaches de mon père, vers l’étable où il m’attendait pour les « moudre », (les traire). Mais avant, c’était un plaisir que n’a pas connu ce cher Marcel, je les amenais s’abreuver à l’Arize, la rivière de mes douces rêveries.

L'ARIZE

La rivière de mon village
N’est dans aucune anthologie

Ni Nil
Garonne
Ni Don
Neckar
Tamise
Meuse
Ni Seine
Amazone

Mais c’est ma rivière
Où j’ai appris à nager
Pêcher Rêver
Où j’ai été sa forme changeante
Et ses couleurs

Elle sort cette nuit de mon lit
Et fait ses ricochets
Arize Arize Arize
De rive à rive
De berge à berge

Comme une gravure
Qui mord et creuse
Ce poème électrique
À contre-courant

Ni Nil
Ni Don
Mais de toutes les rivières du monde
Mon bel affluent

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