TU ES

Tu es un paysan qui a les mains à charrue de Rimbaud

Tu es un aveugle qu’éclaire au ciel l’astre de Baudelaire 

Tu es le corbeau qui croasse quand l’herbe croît

Tu es la nuit forcément

Vêtue de lin blanc et de probité candide

Tu es hanté de noms perdus

Qui furent au centre de la cible

Tu entends battre le coeur

Des vivants sensibles

Tu ne sais pas en somme

Qui tu es

Et ça te tue

Mais c’est heureux

DISPARITIONS XXII Alain Rey

DISPARITIONS

« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros

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« SALUT LE MONDE DONT JE SUIS LA LANGUE ÉLOQUENTE » 

Dans le désordre, le discontinu :
le souvenir du monde shakespearien des sorcières,
la Tour Eiffel calligramme d’Apollinaire,
Salut monde dont je suis la langue éloquente,
les sirènes de New York dans Ionisation,
l’oeuvre pour percussions d’Edgar Varese,
gongs,bongos,claves,tambour militaire,caisse claire,
cymbalum mundi,
L’art de dictiez et de fere chansons,balades,virelais
et rondeaux,
d’Eustache Deschamps, auteur du premier art poétique écrit en français au siècle XIV,
les yeux de fougères de Nadja
qui pour sa première nuit à Paris
a choisi le Sphinx Hôtel,
et ces mots qui ont agi par implosions
et ricochets,
dans la beauté archaïque
d’un collage surréaliste.

JE NAQUIS EN ARIÈGE

Je naquis en Ariège

En quarante-cinq Ah

Ris ai-je dit au chat

Qui la langue me tire

Mon père labourait

Semait le blé et l’orge

Ma mère cuisinait

Les produits du jardin

Le poulet le lapin

Le canard le cochon

L’omelette des poules

La soupe au lait des vaches

Que mon père trayait

Fils unique j’étais

L’espoir de la famille

Instituteur serais

Rien de moins rien de plus

J’apprendrais za compter

Lire faire pâtés

D’encre Bâtons et lettres

Aux marmots de l’école

Plus de porcs de couvées

De labours de semailles

La mort des paysans

La vie d’un enseignant

Et voilà tout est dit

Le chat s’est endormi

Je lui ai donné ma langue

Et cet écrit étrange

Des débuts de ma vie

Avec les animaux

Les projets de mes vieux

Confidences à mi-mots

Pensées les yeux fermés.

Sans flonflons ni enflure

Entre rires et pleurs

Maintenant que les fleurs

Des fêtes de nos vies

Ne sont plus qu’avenir

Au passé aboli

DISPARITIONS XXII Alain Rey

DISPARITIONS

« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros

Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.

Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.

Chaque Disparition se compose de sept fragments.
Ils paraîtront sur ce blog du lundi au dimanche

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SALUTAIRES

Les mots Dont on porte Le contraire Oxymore Des crocs Des chiens En colère Des mécènes Et des boucs émissaires Apollinaire Notre Homère Cueillant Ce brin de bruyère Creusant ce texte Des yeux Jusqu’aux oreilles

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SALUTAIRES

SALUTAIRES 
Les mots
Dont on porte
Le contraire
Oxymore
Des crocs
Des chiens
En colère
Des mécènes
Et des boucs émissaires
Apollinaire
Notre Homère
Cueillant
Ce brin de bruyère
Creusant ce texte
Des yeux
Jusqu’aux oreilles