L’esprit porté par un dessin sur la plage
Le bruit de la mer le soleil dans les yeux
Ces trois vers écrits une nuit sur ma page

Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
L’esprit porté par un dessin sur la plage
Le bruit de la mer le soleil dans les yeux
Ces trois vers écrits une nuit sur ma page

Ce petit temps humain passé à l’écrire sur une page d’écolier
Ce petit temps humain qui fait écho aux chansons de l’enfance d’un poète lointain :
pour rire à deux
pour le roi de la nuit
pour trois éléphants roses
Ce petit temps humain qui se décline nuit après nuit sous la lampe d’argile
Couleur de l’invisible
1
Pas plus que l’antique sage grec
Je n’aime pas me réchauffer
à quelques formules creuses
Meilleurs Vœux
par exemple répété à satiété
par ceux qui ne nous veulent
aucun bien
Et cependant
Je forme le vœu que les lois de la vie
vous soient l’année entière
douces et légères
Et que tous les jours revienne
ce beau matin des étrennes
Où loin des calculs des hypocrites
Vous entriez résolu dans la chambre des poésies
des présences et des dons
savourant – savoirs saveurs et… friandises –
les baisers répétés et la gaîté permise
.
2
Pour faire court
pour la bonne année
Avec les fleurs la fête de ceux
et celles
Qui la murmurent
sans la crier
Pour faire vrai
pour que nos lèvres
Ne se forcent pas à dire à tout prix
la bonne année
Les jours heureux n’existent pas
Mais nous avons à cœur d’écrire :
L’année sera belle !
3
On n'est jamais sûr
De la bonne rime
De la Roue qui tourne
Sa folle Fortune
Mais personne ne nous empêchera
Contre douleurs cruelles
D'ordonner pour l'an nouvel
Grâce et douceur
4
Or m'ont fait les dieux célestes et terrestres
Tout fait heureux mêmement les sylvestres
Mêmement les valeurs spirituelles
De nos sociétés menacées par les mensonges
Vérités alternatives propagées par le poison des algorithmes
Face aux promesses de visées éthiques :
Le souhait de réaliser une vie bonne
Avec et pour autrui
Dans des institutions justes
5
JANVIER
en tétrasyllabes
Tu recommences
Mais cette nuit
Tu écris en bleu
Tu lis un livre
d'anthologie
Coquelicots
Et des bleuets
Tu es celui
Qui fait des vers
Tirés d'un puits
D'apocalypse
Et tu es celle
Qui puise l'eau
D'une grammaire
Revisitée
Tu es voleur
De tournesols
Tu es voleuse
De lunes rousses
Tu es un monde
De voies lactées
Mille soleils
Dans ta cervelle
Dansant des rêves
Démesurés
Tu es le vide
Illimité
Tu mets le feu
Au grand esprit
des Poésies
L’année a passé au galop, je n’ose pas la relire, mais je peux la revoir.
Il y eut des passages de « revivifiante vertu » : en vallée d’Aure, le long de Garonne de Toulouse au val d’Aran, de Brive la Gaillarde (dont le marché a été baptisé Brassens) à Chambon sur Lignon, de Seo de Urgel à la Tour Fenestrelle. Des temps perdus désormais que je cherche néanmoins à oublier pour ouvrir 2026.
Lors je souffle sur les cendres de l’an passé
me préparant à la venue du jour prochain
celui qui viendra en premier,
du fond de l’inconnu.
L’année arrive à son terme
C’est le boudan
Tiens voilà du Boudan
Voilà du Boudan
Voilà du bout d’an