
AUTOPORTRAIT du mercredi 10/11/2021

Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour

tu dis – les enfants aujourd’hui un peu partout se cassent… -Normal ils sont fragiles non ? Daniel Biga Ils sont fragiles parce que… l’écran les prive de monter aux arbres internet les interne dans des jeux vidés Ô de danses sur le volcan ! l’école les laisse des jours entiers Assis de vrais petits amours de chaises en lisière 1 Les enfants aujourd’hui Donnez-leur s’il vous plaît Ma Bohème et ses rimes le long des routes Des fugues sur des bateaux ivres d’Amazonie Et de recherche de l’infini Des enfants éveillés résistants Pour qu’un peu partout Ils se cassent !
Comme il était difficile de serrer de près les choses ! La matière passait de la joie diffuse à une sorte de tristesse sourde. Tout durait et restait peuplé d’attente. Jean Follain Exister Je poursuis la quête Mais sans sébile La quête des poèmes lus Quand dort la ville Et que je transforme Au fur et à mesure Moderato cantabile Je poursuis la manière De faire ainsi place nette À mes pièces encombrées De trop de livres Qui vont rejoindre des cartons Comme des tombes de temples Enfouis sous le sable Je poursuis l’énigme En enclenchant la roue de Fortune Des cycles d’une vie singulière Où l’on fuit la menteuse Et cruelle illusion du bonheur 1 Je poursuis la quête De nos capacités À nous renouveler 1 George Sand
Une poésie de vie, tout autre chose que cette fade vie poétique que s’obstinent à défendre tant de « romantiques » attardés dans leurs tours d’ivoire et de bêton. Julio Cortázar Les gens jeunes ont des velléités d’écrire des poèmes Et puis quand ils grandissent On leur fait croire Qu’il faut être un guerrier Et non manifester sa vulnérabilité Les gens jeunes vieillissent vite Ayant brisé le monde Par leur hubris Ignorants des exigences et des vertus De Poésie Nous avons besoin de poésie pour nous libérer de la guerre des dieux, pour déclarer notre amour, pour nous guérir, et aussi pour comprendre ce qui se passe à l'intérieur de notre langage. Michel Butor
Fougères d’étoiles dans la nuit des pierres Dans l’eau le sang des azalées rougit les nénuphars Sur terre je change des rubis en grappes de groseilles Tout est bon à ma jonglerie Composition à partir de poèmes brefs de Jean Orizet (1937-…) C’était le bon temps de la vie Quand pour le livre de poche jeunesse 70 poètes offraient leurs bouquets de Caprices de l’air Trésors de la terre Paysages de l’eau Mystères du feu 1 C’était, comme il n’est pas permis, des bulles de savants des rimes et des vers, Savants pour rire et pour chanter La pluie sur les galets, le vent sur les dunes, La fée électricité, l’encre sur les feuillets. C’était pour les nenfants, les nymphes et pour maman Qui d’une graine fécondée avait fait petit bout d’homme, Femme belle comme Vénus, l’étoile des bergers et des petits Jésus, Des Jeanne et des Marie et de tout ce que j’ai su À l’école où l’on m’apprit à réciter Demain dès l’aube Dame souris trotte les Effarés et les poèmes en coq à l’âne de Prévert. C’était le bon temps de la vie Quand l’on croyait au Paradis Sur terre et mer, l’air de ne pas y toucher, L’amour de la liberté, l’égalité et la fraternité. C’était trop beau pour être vrai C’était avant que la terre ne souffre ses pires calamités Que le vent souffle son CO2 Que la mer agonise Et que les enfants crient à tue-tête Assez ! Assez ! 1 Poèmes inédits choisis par Jacques Charpentreau (1928-2016)