MOTS ET MAUX

en sept variations

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Trop de maux et aucun mot pour les dire

Trop de mots tuent l’émotion

Rien de trop

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Les mots il ne suffit pas qu’on les aime

pour écrire un poème

Il faut les mettre à l’épreuve

des mille et un maux

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J’ai mal à l’âme

Lame des maux

En quatre mots

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Des mots et merveilles

aux maux profonds

que l’on essaie

par l’intermédiaire

des mots du poème

de mettre en veille

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« Céder l’initiative aux mots » rongés par les vers libres visant à faire éclater l’alexandrin du vieil Hugo

Crise de vers et maux exquis (comme des cadavres) orchestrés par un maestro qui vise à la disparition élocutoire des faiseurs de vers

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La métaphore, transport à une chose d’un nom qui en désigne une autre, des mots et de leurs attributs, aux maux de la tribu.

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Pour en finir avec ce set poétique improvisé, j’ajoute ce fragment numéro 7, une dernière note (bleue comme il se doit), un fa dièse venant clore ( à défaut de les colorer) mes fadaises sur mots et maux, mots à mort, bouche cousue de fil noir, murmures et réminiscences, étoilant ma page d’origine vierge, écrite durant une nuit blanche.

NOSTALGIE DU PRÉSENT

Deux rencontres d’exception ce samedi 23 août 2025 :

Par hasard pour l’une- un « poète » dédicaçait son dernier opus dans une librairie de Cluny où je suis venu pour le festival de jazz programmé depuis belle lurette par Didier Levallet

et par nécessité pour l’autre- nous échangeons depuis 2006 création de mon blog sur LeMonde.fr (poésie mode d’emploi) et avons ainsi faits 2 livres d’artistes en commun,

une rencontre cette fois après maintes péripéties dans la maison et dans l’atelier que mon amie de plume et d’œuvres picturales, occupe avec son mari sur les hauteurs de Paray le Monial dans le lieu dit La Forêt,

Oui deux échanges  profonds, précaires, inactuels, dans un siècle d’inattention entre les êtres d’esprit et de carne y  hueso

Et à tous deux j’ai dit combien je ressentais en les regardant me parler cette nostalgie d’un présent vécu comme si c’était la première fois (et c’était la première fois) et la dernière…

Merci un million de fois à Guy et à Maria et au  Temps , ce malicieux Enfant qui nous joue des mauvais ou des bons tours…

Ce samedi 23 du mois d’août, c’était assurément, l’un de ses plus beaux cadeaux faits à un heureux mortel…

TROIS PAPILLONS

Alice est repartie dans l’avion du soir pour Copenhague mais je lui offre ce dernier poème d’une série conçue pour elle ce mois d’août 2025

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Un papillon vole en mon cœur

C’est un monarque orange et noir

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Du second j’ai fait une chanson

C’est un morio presque un Dorio

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Le troisième le plus étrange

Je ne sais pas si je l’ai rêvé

Ou si c’est lui qui m’a rêvé

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Papillon de mon palpitant

Papillon de ma chanson de nuit

Papillon d’un certain

Tchouang Tseu

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Trois papillons de fantaisie

Légers fragiles

Pour nous guérir

Des guerres

Et des mauvais génies

LA NUIT ÉCRIT

Les lignes s’accumulent

dans le sacré dormeur

qui fait don à la poésie

d’un sonnet boiteux

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C’est à Londres qui fume et crie

et c’est dans un estaminet de la Pampa

où roulent ivres morts

quatre gauchos perdus

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Retour aux nuits des poètes maudits

Faisant éclore leurs fleurs artificielles

à Montparnasse ou dans le livre

des Égarés d’un monde d’avant-guerre

Le poème trébuche une dernière fois

Puis se repose Ni vers ni prose