
Je peindrai volontiers mes légères pensées
Mais déjà le pensant mon penser est changé
Ce que je tiens m’échappe et les choses massées
Toujours par le présent se tiennent effacées
Tant à ce changement mon esprit est rangé
Estienne Durand (1585-1618)
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour

Je peindrai volontiers mes légères pensées
Mais déjà le pensant mon penser est changé
Ce que je tiens m’échappe et les choses massées
Toujours par le présent se tiennent effacées
Tant à ce changement mon esprit est rangé
Estienne Durand (1585-1618)
je fais espace à mon démon dans la neutralité des choses un jour de tournures de phrases on me dit je ne comprends pas les poèmes comme vous cachés dans leur peau d’écriture Nathanaëlle Quoirez Kaïros (vient de paraître collection Polder) Une voix inconnue Sur ces petits bouts de textes Assemblés en un recueil de poésie Avec le temps -le très long temps- Si je me lance dans une lecture nouvelle Je me tiens à un seul critère : Le texte grandit avec ses lecteurs Que l’on peut lire comme : Dans le chaos qu’est toute vie Est-ce que cette manière de l’écrire -je l’ai là sous les yeux en 58 pages- va dévoiler un aspect qui était resté caché de mon identité ? Ou non… Cette nuit (car c’est la nuit, au lit, que je me livre à l’exercice) C’est Oui
Tout bouge et fuit Tout se meut puis meurt Tout fait mouvement Même sans que tu bouges Lisant les récits D’Homère d’Ovide de Wang Wei De Borges ou de Tabucchi Quand évitant des questions Dont tu ne sais que dire Tu laisses le jour couler Dans un dolce farniente Le temps de te reprendre De te sentir capable De ranimer la flamme D’un poème inconnu
Tous ces morts inutiles t’affaiblissent, car tu as part à l’Humanité entière.
Aussi n’envoie personne demander pour qui sonne le glas.
Car il sonne pour toi.
John Donne
Ça fait de plus en plus mal au ventre d’assister impuissant au massacre des Innocents sur la terre d’Ukraine,
De voir les gares, les théâtres, les écoles, les maisons et bâtiments, explosés par les missiles russes,
D’entendre les boniments du dictateur sanguinaire qui dans son bredouillement ubuesque se lave les mains de tout ce sang versé en vain.
Ça fait toujours mal au cœur. Mais c’est terrible, on s’habitue, on décroche, on voudrait tant qu’avec ce malheureux peuple martyrisé, on puisse passer à autre chose…
J’ai fait plusieurs esquisses d’un texte qui toujours s’esquive
Comme un coup de poing qui emmêle les branches de ma vieille machine à écrire
Mais -pour le dire vite, en blaguant – j’appartiens à la famille des obsédés textuels
Si bien que je n’abandonne cette esquisse qu’en me disant qu’elle prendra forme un jour
Coup de poing Coup de dés
Au hasard Balthazar !
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