
GRAPHISMES

Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour

Mi nombre es alguien y cualquiera Je suis quelqu’un et n’importe qui Je suis l’enfant qui lance sa boite de sardine comme un petit bateau dans le ruisselet Je suis l’éphémère acteur d’une nouvelle de Jean Giono Jofroi de la Maussan Je suis Christophe Colomb voyant des indiens vivant sur pilotis dans le golfe de Paria qu’il nomma Venezuela (petite Venise) Je suis les barricades mystérieuses pièce de sixième ordre en si bémol composée sur le clavecin de François Couperin Je suis ce cairn éphémère dressé hier sur l’oppidum des Tamaris Je suis cet instant de vie sans futur ni passé Le titre est de Gaston Bachelard

J’ai idée cette nuit d’écrire sur l’oubli. Ça m’est arrivé bien des fois, mais il faut croire qu’avec un pareil exercice, on n’est jamais sorti de l’auberge. L’auberge de la mémoire où, dans quelque pièce cachée, on accumule ses oublis : un mot au bout de la langue, le nom d’un camarade qui fréquenta la même école primaire, le souvenir d’un temps que les moins de (quatre) vingt ans ne peuvent pas connaître. Pourtant si jadis, naguère, on l’a noté et conservé dans un cahier, un memento, on peut le retrouver, ce souvenir dont on ne se rappelait plus. Mais, pourvu que l’on désire faire encore mouvement dans ce qui nous reste de vie, on lui dit définitivement, Adieu !

Hypnographies : calligraphies imaginaires tracées comme en état d’hypnose
Mouvants idéogrammes
Comme le chant des âmes errantes
Adressé aux lecteurs
Sans domiciles fixes
Comme les chiffres tracés
Par un idiot
Un peu Chinois
Un peu par inadvertance
-Encore un petit jeu ? -Oui mais sans Je -Rouge gorge ou mésange ? -Hirondelle des marais -Elle passe à tire d’aile -Ou suit la ligne des marées -Voyelle ou voyou ? -Plus têtu qu’un caillou -Qui fait des ricochets -Ou finit pulvérisé -Dans l’horloge de sable -Où coule cette histoire -Commencée comme un jeu -N’oublie pas pour la prolonger -De retourner le sablier
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