
exorciser oui mais comment comment presser pré-sentir la danse qui libère l'alphabet alpha bêta le corps s'oublie les pas redoublent sur le toit de cette mer où les glyphes obscurs ont remplacé les focs
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour

exorciser oui mais comment comment presser pré-sentir la danse qui libère l'alphabet alpha bêta le corps s'oublie les pas redoublent sur le toit de cette mer où les glyphes obscurs ont remplacé les focs
UNE VOIX UNE MULTIPLE SAVANTE OU INGÉNUE
La tradition ne s’impose que si elle est nouvelle.
Les chants dans ma poitrine sont traversés par mille poèmes aimés.
Mais leurs rumeurs ne suffit pas, pour, d’un événement actuel, faire un poème nouveau.
Je suis le seul, même fragile et limité, à pouvoir assembler les fils ténus d’un discours singulier.
Une voix une, multiple et savante ou ingénue, qui disparaîtra, ou que l’on conservera,
pour la transformer indéfiniment.
J’ai médité au milieu des colonnes tronquées du temple d’Apollon à Delphes
J’ai dit le poème Masa de Cesar Vallejo en parcourant le labyrinthe à l’air libre de Macchu Pichu
L’Asie m’est inconnue et de l’Afrique je n’ai recueilli que quelques impressions dans le souk de Marrakech
Mais c’est ici dans mon hamac tissé par une amérindienne que mes voyages dignes d’intérêt s’accomplissent
J’y exerce mon art avec les oiseaux augures qui raient le ciel d’Azur
et les fourmis sur mes cuisses
J’y compose des vers qui sont autant d’énigmes
Toutes écrites en 7 lignes que l’on peut lire dans n’importe quel ordre
7 languettes séparées, allongeails, paperolles, qui évoquent les grands éléments qui gouvernent la terre et les cieux
Le temps s’y abolit comme dans un festival de poésie où l’on récite des poèmes 7 jours et 7 nuits
Puis vient l’énigme mortelle
Un enfant l’a portée sans s’en douter
Une question puérile qui trouble et tue le vieux poète
Comme nous tous il disparaît
Mais sa présence est immortalisée dans une œuvre mythique que l’on continue à lire et à citer*
*allusion à la mort mythique d'Homère Hom-êros : l'Ajointeur
Le réel qui importe Se contente de l’esquisse De l’ébauche souriante
André Ughetto
1
SON CORPS DE MOTS
Le poète a mis tout son cœur son corps de mots
épars sur les schistes Les doigts poisseux du bois
de pin L’aveu du sang La page d’une vierge
que l’on feuillette par hasard dans un recueil
dépenaillé Le poète ce fils de rien
les doigts encrés sur la présence agissante
de Phœnix fauve noir des poèmes premiers*
*var. derniers
Martigues 9 juin (ardente lyre) 2020
2
QUI SAIGNE SIGNE
le titre d’un livre d’André Ughetto
(Sud-Poésie Marseille 1990)
Qui signe saigne
C’est le signe du sens
et du non-sens
C’est le passage du Mat
sur la roselière
de nos rivières
La tienne la Sorgue
La mienne l’Arize
Qui saigne signe
Nos étranges morts
Phœnix en filigrane
Sur le papier qui frise…
(la suite manque)
Martigues 9 juin 2020
3
UNE VIE SOUS LE DON DE L’AMITIÉ
Le plus court chemin de soi à soi passe par autrui.
Paul Ricœur
Écrites à nos mains, comment distinguer
dans nos écrits sur soi,
ce par quoi nous sommes faits
et ce qui nous défait ?
Le rouge est mis sur nos biographies
Toi André tu les dédies à Daniel, Yves,
Jean-Jacques (c’est un autre)
Marie-Christine (pas celle de Nougaro),
Anne-Marie, Christiane, et jusqu’à cette Sybille
qui finit cigale à Cumes.
Que de passes, passages peints,
comme écrivait Michel de Montaigne,
le seul ami que nous avons en commun.
Tes instants de vie bien à toi,
passent dans les fleurs, qui s’arrondissent en fruits
sur une toile de Madame Jaccottet.
Devant le tableau d’un autre,
tu fais état d’une joie « d’inconnaissance pure ».
Ce qu’un autre, en présence du jaillissement
des maîtres poètes-calligraphes de la Chine ancienne,
nomme « éloge de la confusion ».
Tu nais et renais, des images glanées dans un aéroport,
sur des ailes de papillons, mosaïques et jardins imparfaits.
Tu nais dans l’orchestra d’un théâtre antique,
arpentant les gradins, les travées d’une « une foule jeune »,
une folle messe de rôles échangés,
sur les scènes plantées à l’Isle sur la Sorgue,
ou à Ludlow, Shronshire.
(Ça je le recopie d’une de tes pages, bêtement,
comme si j’étais l’idiot de Shakespeare,
sans qui le Roi n’existe pas.)
Assembleur, assembler depuis les « pupilles du crime »,
jusqu’au « rapt de Proserpine »,
des chars du sinistre occupant, fuyant Charleval,
au vélo de Tati tournant ces « Jours de Fête ».
Assembleur, assembler « quercis suber » avec « Kether »
au sommet de « l’arbre séphirotique ».
J’en dis pas plus et je m’efface, invitant tout lecteur
et lectrice qui t’ignorent encore, à plonger sans retenue,
dans l’ouvrage qui vient de paraître,
« de temps en temps bien admirer est hygiénique ».
Martigues 10/06/2020 3 poèmes « en cours »
*André Ughetto (Le Nouvel ATHANOR)
Collection « POÈTES TROP EFFACÉS »

Je n'ai plus d'accord Je n'suis plus raccord Avec mes chansonnettes Elles ont disparu Au coin de ma rue Et je suis resté bête Le doux caboulot Plein de populo Les ami.e.s Les amours mortes Elles ont disparu Au coin de ma rue Que le diable les emporte
exercice oral de claquettement le texte écrit qui a servi de base est au-dessous de son enregistrement
J’AI UNE ORIGINALITÉ
exercice de claquettement
J’ai une aura un ora une oraginalité
J’ai une originalité une ori une manie
J’ai une manie une mana maniare une manière
J’ai une manonni une manori une manorière une dorio une dorière
J’ai une dorion une hellène une manière de claqueter
J’ai une manière d’imiter les déli les déliades
Les filles qui chantaient les hymnes d’Homère
J’ai une omerta une omèrière une ornière une assemblée
De vierges de bronzes assises sur le tombeau de ma femme fière
J’ai une mora une mouri une mourière une manière de claqueter
De claquemurer les sombres affaires
J’ai une lettre un papier sur lequel j’écris cette manière
Cher Jean Jacques dit la lè dit la lettre
Merci mer mer ci merci de nous ra rappeler
Peler que tu que tu tu existes
J’ai sous les yeux sous les yeux une lè une lettre
mer mer merci que notre ami amitié ne va pas pas se di
se dissoudre se dissourde sourde dans le temps dans l’étang du temps
J’ai une faiblesse une fée Héri une fée héritière
J’ai une ribambelle une ris en pleur
J’ai un rizhome un riz petit homme un petit homme tu pleures
Je connais ton chagrin quelqu’un t’a cassé ta belle auto
J’ai un cha un chagrin un chat beau baudelairien
J’ai un soleil couché un soleil couchant sur la nymphe Echo
J’ai un eco un umberto une omerta sur l’œuvre ouverte
Sur une iliade sans odyssée sans audition
J’ai une addiction au studio du petit Mas
Du petit mas d’azil de l’asile de Ro de rodez
J’ai un artaud qui a mo qui a momo
avec les électro les électrochocs dans sa tête
J’ai une ora j’ai une ori j’ai une originalité
voilà tout est dit