AMOURS JAUNES





Dans le jardin le mimosa

commence sa période amours jaunes

L’olivier flotte au vent de mer





J’ai écrit ces deux lignes

sur un nouveau carnet à spirales

dit « poussière de lune »





Je vois arriver une tourterelle

Venue picorer les graines du nichoir





Un bref instant je songe alors

que j’ai participé à cette scène

J’ai été mon mimosa faisant ses fleurs

mon olivier d’hiver

la tourterelle sans sa compagne





et cette plume éphémère

qui a effleuré la page

avec le soin dû à ce texte

que je me donne l’illusion

d’appeler un poème









28/01/2020

17H37

28/01/2020
midi

QU’IMPORTE MON NOM

hypnographie
Dorio 28/01/2020
"Qu'importe mon nom, or ou cuivre,
Perle ou goutte d'eau dans la mer"




ces 2 octosyllabes qui font l'éloge de l'anonymat
et de la dispersion de notre identité
dans la mer,
ont été écrits
tels quels,
par le poète, romancier, dramaturge, dessinateur,
homme politique,
dont le nom français est le plus universellement connu.

	

VERS INUTILES DE PURE POÉSIE





-J’ai besoin d’une feuille noire.

Pourquoi donc ô poète

Quelqu’un t’a-t-il maudit ?





-J’ai besoin d’écrire ce dialogue impossible.

Espèce de poisson ondoyant de sommeil.





-J’ai besoin d’une page blanche.

Le temps d’un flux sur la grève.





-J’ai besoin de ce blog où l’écriture

ne sait sur quel pied danser.

-Comme les masques blêmes du néant ?





J’ai besoin que ces lignes me déplacent.

Mets sous la clef ce poème

Et n’en parle à personne.





-J’ai besoin de dire et de contredire

ces phrases d’un monstre sacré

qui ont glissé sur la page de ma nuit blanche.

Songe effaré Tout se lève

Tout retombe Tout a flotté.









25/01/2020

23h25





en italique le lecteur aura reconnu ces « vers inutiles de pure poésie »

nommés ainsi dans la préface des Orientales





« Inutile signifie ici : n’ayant de valeur qu’en eux-mêmes,

et par rapport à rien d’autre,

et d’autant plus chargé de prix ».





Paul Bénichou

Le sacre de l’écrivain

page noire et page blanche
dans l’espace ondoyant
d’une nuit

JE T’RÊVE





Je rêve de mon ami Felix

Et de sa voix psalmodiant

Masa de son compatriote

         Cesar Vallejo

No mueras te amo tanto !





Je rêve des tristes tropiques

Des trois tristes tigres

Des tragédies grecques

Dont la masse a disparu

Et du rire des dieux





Je rêve et je ne sais plus

Qui du Rêveur ou de l’Éveillé

Tourne les feuillets noirs et blancs

De ma fragile et fabuleuse

                      vie









poème publié

titre du recueil : JE T’RÊVE





éditions Rafael de Surtis

2011

(variations du 26/01/2020)

couverture
peinture de maria dolores cano