
Dorio
Fos sur Mer
13/01/2020
16h35
L’homme écrit sur le sable
Moi ça me convient bien ainsi
L’effacement ne me contrarie pas
À marée descendante je recommence
Jean Dubuffet
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour

L’homme écrit sur le sable
Moi ça me convient bien ainsi
L’effacement ne me contrarie pas
À marée descendante je recommence
Jean Dubuffet
il faut persévérer
il faut percer les murailles de l’Éthique de Bénédict Spinoza
il faut scandaliser
et polir ses lentilles ou ses vers en silence
quand tous les dogmatismes qui ont pignon sur rue
vous excommunient
il faut se libérer
rire de ses bêtises et jouir de ses désirs réalisés de liberté
il faut se cacher
du petit doigt des imbéciles des envieux des intolérants
des rois-soleils-de-pacotille des fanatiques et des joueurs de tambour
il faut disparaître
sans laisser de traces qui seraient des réponses faisant long feu
il faut il faut
relire les nuits blanches
de Robert Desnos
en défiant la mort
sa faux
et ses balances
Aux dernières nouvelles
J’ai perdu mes dernières nouvelles
J’ai manqué le début
la première étincelle
qui permet de faire boule de neige
Aux dernières nouvelles
Je ne sais pas trop
Comment reprendre
Comment réamorcer
Comment je peux me reconnaître
dans ce portrait chinois
Aux dernières nouvelles
J’ai regardé à nouveau les tournesols
que nous a composé Vincent
pour me refaire l’œil
et sa larme universelle
Aux dernières nouvelles
J’ai ruminé l’herbe des bergers
dans l’azur des nuits étoilées
par le serpent des constellations
Aux dernières nouvelles
J’ai brûlé les dernières nouvelles
Et leurs fumées dissipées
J’ai revu la rivière la montagne
et ton sourire aux doigts de rose
Nuit après nuit
Après sa perte
Et durant quatre années
Je me suis efforcé
De faire éloge à ma semblance*
Puis ma morte**
m’a échappé des doigts
comme on dit du martinet
tombé sur l’asphalte
et qui ne peut se relever
sans l’aide d’une main bienveillante
Elle revient cette nuit
Sur cette carte maladroite
Et je lui écris
*c’est ainsi que La Boétie désignait son épouse
**Poèmes à ma morte
Éditions l’Harmattan
10/01/2020
01h44
https://revuedissonances.com/dorio-jean-jacques-poemes-a-morte/
MES VIEILLES LUNES
au fond d’un puits
Un puits qui nous donnait de l’eau
Fraîche comme l’amour de la vie
La vie que l’on remontait
dans un seau
Un autre seau recevait
le bon lait de nos vaches
Vaches cochons couvées
et petit âne gris
chanté par Hugues Auffray
Mais tout ce que le puits
a fait remonter
à ma mémoire
c’est vrai
Ce n’est pas une histoire
que l’on m’a raconté
02/01/2020
02h12