Toujours on reçoit en plein nez ce poteau : ATTENTION POÉSIE.
Pourquoi? Franchement je n’en sais rien, je me le demande.
Je ne m’obstine à écrire des poèmes peut-être que pour tâcher de savoir.
Jacques Réda (29 mai 1977)
*
SÉPARÉS EN MILLE MORCEAUX
LA POÉSIE NOUS RÉPARE
DES PIEDS À LA TÊTE
La poésie est l’être pour la vie
l’être portant l’activité créatrice de l’art-vie
l’être multiple qui nie l’ego du cogito
l’être qui dans le souci de soi agissant et souffrant
exprime la plus grande attention
à soi-même comme un autre*
La poésie crée un Monde Autre
Y entrer n’est pas chose facile
C’est ce critère qui permet de la reconnaître
La poésie nous altère et nous désaltère
nous sépare en mille morceaux
et nous répare des pieds à la tête
*Paul Ricœur
Author Archives: Jean Jacques Dorio
DANS MA BESACE
voix paroles et musique
J J Dorio
accompagnement musical Philippe Bruguières
enregistré dans son studio Le Petit Mas à Martigues
été 2019
(pour se procurer le texte de la chanson lire après les photos du CD )
"Je me suis particulièrement senti à l’aise lorsque, parmi les chanteurs célébrés
dans la chanson française, tu as ajouté deux personnes rarement citées
et que je place au plus haut : Anne Sylvestre et Michèle Bernard.
"Ecrire pour ne pas mourir", disait la première...
extrait d'un courriel du poète Jean Louis Rambour


Jean Jacques Dorio
9 rue de la Bergeronnette
13500 Martigues
en échange de 15 euros
vous participerez ainsi à un projet original hors circuit commercial
Merci d’avance
TOUT VA BIEN AU SONNET
Tout va bien au sonnet
Soupirail ciel de traîne
Litanies et blasphèmes
Au détour d’un sentier
Tout fait choc bien rythmé
Sur le roc de Sisyphe
L’ironie un peu kitsch
D’une nuit d’Idumée
Tout concourt aux symboles
Dans l’Idéal le Spleen
Nostalgie d’un présent
À la manière folle
La laideur la beauté
Tout va bien au sonnet
le titre est un don de Charles Baudelaire
TU NE CESSES D’ÉCRIRE
tu ne cesses d’écrire
les yeux fermés
tu ne cesses de voir
les fantômes du passé
dans la mémoire
d’une nuit d’encre
tu ne cesses d’écrire
ce que tu ne savais pas
que tu allais écrire
ce à quoi sans ton écriture
tu n’aurais jamais pensé
tu écris à la diable cette histoire vécue
une nuit que tu dormais seul
dans une vielle bicoque de l’altiplano péruvien
entouré de crânes et de momies
réveillé par un être incréé
sur les minuits
qui grattant à l’huis
suppliait – par Viracocha ! –
que tu le laisses entrer
tu ne cesses d’écrire
sur la pointe des pieds
les paradis perdus
ton épouse déchirée
les promesses non-tenues
tu ne cesses d'écrire
sans espoir et sans but
mais quand même sans rature
le geste de l’archer
l’orthographe libérée
l’insouci de la rime
tu ne cesses d’écrire
c’est fini à présent
tu peux tout effacer
LIGNES D’INSOMNIES
et vous ?
nourrissez-vous
vos nuits
de lignes
d’insomnie
et vous ?
pouvez-vous
décliner
vos noms
prénoms
sans rire
et vous ?
êtes-vous
paradigme
ou plutôt
aporie
et vous ?
embourbé.e
empêtré.e
ou bien
essence
pure
et vous ?
voyez-vous
vos pensées
comme
principes
d’incertitudes
et vous ?
regardez-vous
le monde
comme un fleuve
de boue
et vous ?
tenez-vous
la balance
du corps
et de l’esprit
et vous ?
vivez-vous
de fadaises
et de lettres
volées
et vous ?
tombez-vous
à tous les coups
du mauvais côté
et vous ?
continuerez-vous
après votre disparition
de vivre
dans le titre
d’un livre-objet
et vous ?
serez-vous
monsieur Plume
ou une voix sans Personne
et vous ?
serez-vous
ce silence
que d’autres
meubleront
et vous ?
fourmilier
du grand llano
tatou
dont on fait les charangos
et vous ?
crevez-vous
d’un cancer
ou bien
d’indifférence
et vous ?
sautez-vous
dans le vide
de cette espèce
d’espace*
et vous ?
pouvez-vous
décliner
vos noms
prénoms
sans rire
et toi ?
hypocrite lecteur
mon semblable
ma sœur
italiques : Michaux, Tardieu, Perec, Baudelaire