Je me souviens de l’Avenir couché sur papier kraft
Je me souviens du Lot gagné à Saint-Cirq Lapopie
Je me souviens d'André Breton et de Bois et Charbon
Je me souviens du fil rouge toute une nuit de mai à l’hôtel André Latin
Je me souviens du Quai Voltaire et du dictionnaire philosophique d’Arouet
Je me souviens de ma disparition sans "e" sans "elle"
Je me souviens de notre vie amoureuse sous les pavés la plage
Je me souviens de l’Avenir
Author Archives: Jean Jacques Dorio
L’ÉTERNITÉ DU JOUR QUI VIENT
C’est un essai
Un gaspillage
De mots gratuits
De mots salés
Sucrés poivrés
Que n’aiment pas
Les sociétés
Platon le dit
Il faut chasser
De la cité
Tous les poètes
Les inventifs
Porteurs de muses
Et d’Odyssée
Platon a peur
De l’insensé
Qui le traverse
Du noir soleil
Du feuilleton
Des vies fictives
Filles du feu
D’un orphelin
De Reine Mère
Chants odelettes
Nos fantaisies
Nous font revivre
L’éternité
Du jour qui vient
Dans un poème
Renouvelé
LE FEU SECRET
Faire un poème est une fête où le rituel « organise tout le possible du langage ». Ce peut-être bref, un feu d’étincelles, ou très long, interminable. On essaie, des heures entières, d’arbitrer, en vain, les conflits permanents entre « l’oreille », le son, et « l’esprit », le sens.
La fête finie, que reste-il, si ce n’est ce peu de grains, sur le papier ou dans le sablier d’un recueil, que l’on dit de « poésie ».
« Et nous les os devenons sable et poudre », écrivit Villon, en forme de ballade, pour ses « frères humains », s’attendant comme lui à être pendus.
Il est un autre poète, que tout le monde a oublié, qui, filant la métaphore, se vit, lui aussi, « se la couler douce » après sa mort, dans « l’horloge de sable » :
« Le feu secret qui me rongea
En cette poudre me changea
Qui jamais ne repose. »*
*Charles de Vion, seigneur de Dalibray.
VOIR DANS LA NUIT
Voir dans la nuit
fiévreusement
sans cohérence
l’image naît
voir dans la nuit
figurez-vous
ce nyctalope
athée taton-
nant le néant
voir dans la nuit
maman j’ai mal
mais non trésor
c’est dans la tête
un cauchemar
voir dans la nuit
un exutoire
ah quelle histoire
ce corps d’un texte
table tournante
comme à Jersey
œil ou cercueil
du père Hugo
voir dans la nuit
bouillonnement
tout se répond
dans ces écrits
de pure perte
mais fabuleux
voir dans la nuit
les yeux fermés
L’OISEAU DU TEMPS
Un court instant
La plume court
Sur le papier
L’oiseau du temps
Va s’envoler
L’oiseau du temps
Est un oiseau rebelle
Né dans une flaque
de boue ou sur un plateau
de théâtre à l’eau de rose
Un court instant
La plume hésite
Tenue en l’air
L’oiseau de feu
N’est plus que fumée
C’est Phénix rouge
Héron pourpré
Portant sur leur ailes
Les cris de la mouette
Que personne n’entend
aquarelle 24x30cm
