COMME UN DOUX SOLEIL

Comme un doux soleil Me revoilà au printemps 2011 à Bâle Méditant sur la tombe d’Erasme

dont la Folie médisait par sa bouche

Un peu avant nous avions parcouru le long du Rhin la Solitude-Promenade qui nous avait conduit près des machines dadaïstes de Jean Tinguely issues de matériaux de récupération sur les décharges publiques

dont l’ami Brugeilles tira à sa manière maints Don Quichotte

(qui reposent désormais après d’infinies pérégrinations à l’écurie du musée du Réservoir à Sète)

Comme un soleil doux

Je me souviens assis sur la pierre tombale de l’admirable humaniste réfugié à Bâle pour ne pas être brûlé avoir écrit de courts textes en prose poétique des étrangetés qui ressemblaient à des récits de Schizos imaginés dans Noeuds le livre de Laing l’antipsychiatre :

« le schizo freine la vie ordinaire / de celui qui parle et qu’on n’écoute pas/

et de celle qui désirant qu’il la désire / fait semblant qu’elle le désire/ pour se faire désirer « 

Ce qu’en d’autres circonstances ce diable de Picasso appela

Le désir attrapé par la queue

Martigues 5 janvier 2024 3h du matin puis pour les derniers ajustements 11h33

LE VOYAGE D’ÉTÉ A ÉTÉ

LE VOYAGE D’ÉTÉ A ÉTÉ

Jeudi 21 septembre 2023 le voyage d’été s’achève aujourd’hui sur cette page blanche que personne ne lira sur le papier demain l’automne le gris des jours c’est pourtant un jour de Pâques le 16 avril 2017 que j’ai réalisé un tableau intitulé les vagues grises une amie qui ne l’a vu que reproduit sur mon blog a écrit en vis-à-vis : je me souviens des dessins du paravent de mon enfance J’apprenais le silence ce qu’il cache ce qu’il donne Danielle Nabonne Je me souviens de Marguerite Yourcenar et de son œuvre au noir Blanc Gris Noir Je me souviens de cette phrase marquée au feutre rouge sur mon cahier entièrement consacré à recopier par intermittence des fragments qu’écrivit l’auteur de La Recherche : Notre vie étant si peu chronologique interférant tant d’anachronismes dans la suite des jours Marcel Proust

les vagues grises 50×70 dorio jour de Pâques 2017

JE ME SOUVIENS DE MONA LISA ET DES BIDONVILLES DE CARACAS

Je me souviens de Mona Lisa Gherardini épouse de Francesco del Giocondo
Je me souviens de Franco la Muerte
Je me souviens des arènes de Nîmes de Madrid (la Monumental) et de celle du Nuevo Circo à Caracas qui vit le triomphe des frères Girón
Je me souviens des ranchitos les bidonvilles de la capitale du Venezuela où les enfants disputaient la nourriture aux buitres ou zamuros les oiseaux charognards
Je me souviens du faucon hagard 

Je me souviens du fleuve de l'Oubli le Léthé 
Je me souviens d'Estate que Nougaro reconvertit en Un été
Je me souviens de la petite espagnole du quartier
Je me souviens de Je hais les dimanches
Je me souviens qu'il faut savoir finir une grève
La grève de faire ces listes sans fin de mes
Je me souviens

liste initiale 11/09/2021 
Bayeux hôte du poète Jean Louis Rambour*
revisitée ce 06/09/2023 aux Martigues

* Quand nous écrivions le poème sur une feuille
Ce que nous marquions c'étaient nos doigts
Notre main notre poing 

L'ÉPHÉMÈRE CAPTURE 

JE ME SOUVIENS D’EL DESDICHADO

Je me souviens d'el desdichado
Je me souviens du soleil noir de la mélancolie
Je me souviens que ma mère disait parfois qu'elle avait le cafard
Je me souviens des cucarachas dorées 
Je me souviens de mon père Noël Dorio
Je me souviens de Marie Jeanne qui s'est jetée du pont de la Garonne
Je me souviens du Val d'Aran
Je me souviens des pastilles Valda
Je me souviens de Jean Valjean




Je me souviens des Misérables
Je me souviens que je devais faire un brin de causette aux villageois installés sur leur chaise devant leur porte les nuits d'été
Je me souviens des fauvettes de Mai et des chers corbeaux déli-ci-eux
Je me souviens d'avoir déniché des petites pies qu'on appelait des agassous
Je me souviens du dépit de l'homme à l'oreille coupée
Je me souviens des Aliscams de Paul-Jean Toulet :
Prends-garde à la douceur des choses
Je me souviens de Tous les garçons et les filles de mon âge
et des cactus