PARLER

Parler est un drame

Dit le dramaturge

Un drame joyeux

Dit le spinoziste

.

Un parler ouvert

Ouvre un autre parler

Et le tire hors

Comme fait le vin

Et l’amour

.

A écrit

Dans un moment d’inspiration

L’homme des Essais

.

Je parle au papier

Plus que de raison

Me dit-on

.

Mais c’est Exister

Témoigner

Contre vents et marées

De mon humaine

Et fragile

Condition

Hypnographies 17/06/2026
Une autre manière de parler au papier

DISPARITIONS XX Roland B.

DISPARITIONS

« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros

Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.

Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.

Chaque Disparition se compose de sept fragments.
Ils paraîtront sur ce blog du lundi au dimanche,
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« Parlez-moi d’amour » 
Même si ce n’est pas Emma Bovary
qui vous le demande
mais les chanteuses de music-hall
Lucienne Boyer ou Suzy Delair


Parlez-moi d’amour
De sa petite musique
Sur le violon de Stéphane Grapelli
ou le piano de Jean Lenoir
l’auteur-compositeur de cette immortelle chanson


Faites moi entendre cet air menuet
créé en 1924
Mais qui resta cinq ans dans un carton
parce que personne ne voulait
de cet amour dont vous savez
que dans le fond je n’en crois rien

AENCRES

Encre des lettres

Sur papier blanc

.

Ancre des bettes

Barques de pêche

À fond plat

.

Ancrages des A.C.R.

Ateliers de Créations Radiophoniques

Diffusées sur France Culture  :

.

Le voyou et ses voyelles

Les fables ineffables

Le tour du jour en quatre vingt mondes

.

La trame de la vie aux doigts de l’encrier

.

Papier entretenu

D’une encre légère

Entre blanc et silence

.

Tu seras seul au monde

Traçant ta voie

Il n’y aura sur le papier

D’autre voix que la tienne

DISPARITIONS XX Roland B.

DISPARITIONS

« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros

Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.

Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.

Chaque Disparition se compose de sept fragments.
Ils paraîtront sur ce blog du lundi au dimanche,

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C’EST DONC UN AMOUREUX QUI PARLE  ET QUI DIT

Je m’abîme, je succombe…

Soit blessure, soit bonheur, il me prend parfois l’envie de m’abîmer.

Ainsi, parfois, le malheur ou la joie tombent sur moi, sans qu’il s’ensuive aucun tumulte : plus aucun pathos : je suis dissous, non dépiécé ; je tombe, je coule, je fonds. Cette pensée frôlée, tentée,  tâtée (comme on tâte l’eau du pied) peut revenir. Elle n’a rien de solennel.

J’ai mal à l’autre…

Je suis une Mère (l’autre me donne du souci) mais une Mère insuffisante ; je m’agite trop, à proportion même de la réserve profonde où, en fait, je me tiens. Car, dans le même temps où je m’identifie « sincèrement » au malheur de l’autre, ce que je lis dans ce malheur, c’est qu’il a lieu sans moi, et qu’en étant malheureux par lui-même, l’autre m’abandonne : s’il souffre sans que j’en sois la cause, c’est que je ne compte pas pour lui :  sa souffrance m’annule dans la mesure où elle le constitue hors d e moi-même.

Je veux comprendre

Qu’est-ce que je pense de l’amour ?

-En somme, je n’en pense rien. Je voudrais bien savoir ce que c’est, mais, étant dedans, je le vois en existence, non en essence. Ce dont je veux connaître (l’amour) est la matière même dont j’use pour parler (le discours amoureux).

Je suis dans le mauvais lieu de l’amour, qui est son lieu éblouissant :

«  Le lieu le plus sombre, dit un proverbe chinois, est toujours sous la lampe. »

Je suis fou

Je suis fou d’être amoureux, je ne le suis pas de pouvoir le dire, je dédouble mon image : insensé à mes propres yeux (je connais mon délire), simplement déraisonnable aux yeux d’autrui, à qui je raconte très sagement ma folie : conscient de cette folie, tenant discours sur elle.

Je suis odieux

Le discours amoureux étouffe l’autre, qui ne trouve aucune place pour sa propre parole sous ce dire massif. Ce n’est pas que l’empêche de parler ; mais je sais faire glisser les pronoms.

Parfois, avec terreur je prends conscience de ce renversement : moi qui me croyais pur sujet (sujet assujetti : fragile, délicat, pitoyable), je me vois retourné en chose obtuse, qui va aveuglément, écrase  tout sous son discours ; moi qui aime, je suis indésirable, aligné au rang des fâcheux : ceux qui pèsent, gênent, empiètent, compliquent, demandent, intimident…

R.B. Fragments d’un discours amoureux