L’oiseau
qui me donnait ses plumes
pour lui écrire un mot
S’est envolé dans sa nuit définitive
Ça me rend triste
C’était un geai
Toujours gai
(Écrit d’un jet avec sa dernière plume touillant mon encrier)
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
L’oiseau
qui me donnait ses plumes
pour lui écrire un mot
S’est envolé dans sa nuit définitive
Ça me rend triste
C’était un geai
Toujours gai
(Écrit d’un jet avec sa dernière plume touillant mon encrier)
Si vous n’avez pas cinq minutes à perdre, ne lisez pas la suite.
Si votre esprit n’a pas l’habitude de battre la campagne, passez votre chemin.
Si votre cœur est incapable d’offrir un myosotis à une fille, n’écoutez pas Brassens.
Mais si vous aimez les mots chantés à voix profonde et douce, et comme Anne Sylvestre, les gens qui doutent,
Vous êtes les bienvenus sur un rythme de Django, diablement manouche, avant qu’un peu de terre n’emplisse votre bouche.
Je flotte, avant de fermer les yeux pour m’endormir,
vers un asile sans frontières,
en parcourant des yeux des poèmes définitivement perdus
Je les lis pour qu’ils me lient à leurs métamorphoses
Ainsi ce chemin mouvant qui va l’amble
Ou bien une enfant brune qui mange un réglisse
C’est l’enfance de l’art de l’ancienne rhétorique
C’est le train-train métaphorique
D’un veilleur qui coûte que coûte
Se tient en alerte devant
Sa fenêtre primitive

41° LIEU publié sur Encres Vives octobre 1997
2° version
Je flotte, avant de fermer les yeux pour m’endormir,
vers un asile sans frontières,
en parcourant des yeux des poèmes définitivement perdus.
Amateur, c’est aimer
loin du monde et du bruit,
décliner l’espérance
d’une langue fléchissante et colorée.
Je les lis pour qu’ils me lient à leurs métamorphoses —
ainsi ce chemin mouvant qui va l’amble,
ou bien une enfant brune qui mange un réglisse :
l’enfance de l’art de l’ancienne rhétorique.
C’est aimer le rythme
et la vibration,
écrits sur la page d’un papier choisi
pour son grain, sa texture.
C’est le train-train métaphorique
d’un veilleur qui coûte que coûte
se tient en alerte devant
sa fenêtre primitive,
ouverte sur les murs du grand Mai
où les mots jouissifs s’obstinent —
et tout le reste est littérature.
Sous la lampe
J’écris sur les minuits
Des chansons pour Alice
.
Je traverse des prairies
Des tapisseries de haute lice
.
J’invente les doigts contre ma tempe
Des rivières où crient des enfants
.
Et au matin Alice chante le tout
Comme un oiseau qui connaît les paroles
sous la lampe interprété par Alice et son grand-père
Pour et avec Alice
Sur les nuages
On dessine
Des enfants sages
.
Ils font sur la plage
Des cygnes
Et des mamans aux beaux visages
.
Puis il s’en vont
Plus de nuages
La mer est bleue
Comme une orange
.
Série en cours
ÉCRIT SUR LA PLAGE
(sous les pavés)