LUEURS OCÉANES

Le jour
Encore
Comme une nuit
Inverse
Un éclat bruyant
Brut de lumière
Je remonte
Le fleuve
Vers l 'enfance
J 'erre entre les rires
Des visiteurs en goguette
Et ne reconnais que les murs
Et les platanes de la place
Sur un bateau une mouette
Me regarde et commente
Où va la vie
Où va ce monde
Je regarde un tableau
Et je vois le soleil
Qui se noie
Au loin les montagnes
Un troupeau se referme
Que sera demain
J' ouvre enfin les mains
Le jour tombe encore
Sur le port
Demain se prépare
Dans les rumeurs
Les échanges
Assis au bord
Des précipices
Nous goûtons
La saveur des lueurs
Océanes
Un jour
encore

Danielle Nabonne

13/09/2024

Turner 1797 Clair de lune étude à Milbank huile sur bois d’acajou 31,4×40,3 cm

FIN DE JOURNÉE

call it a day

la journée est terminée

me dit-on

on ne me dit pas en revanche

comment les heures

de ce jour unique

ont tourné :

à cheval sur Rocinante ?

ou bien exposé sur le ring poétique

où l’on prend des coups sans compter ?

(Hay golpes  en la vida Yo no se)

ou bien qui sait en écoutant

Amor de mis amores

cette valse péruvienne

qui a donné l’air endiablé

de la Foule chantée par Piaf





Et puis retour en soi

en votre for intérieur

Un petit air du soir

Vous accompagne

Mañana es otro dia





une suite

passé minuit

contrevenant à ma dernière ligne

Demain est un autre jour

Je poste sur le blog

le poème présent

issu d’un temps non compté

consacré à l’écriture

et à la douce ivresse

que procure la fabrique

d’un texte inachevé

.

À PARIS IL Y A

À Paris il y a
Un quai aux fleurs un marché aux oiseaux
Une foire à la ferraille une rue du Congo
Une place Pigalle une gare Saint Lazare
Un musée du Louvre une rue Vaugirard
Un champ de Mars une rue de l’Échaudé
Une place Saint Michel une rue du Bac
Une statue de Montaigne mais pas de Bachelard
Un jardin des Plantes un boulevard Bourdon
où se rencontrent Bouvard et Pécuchet
Un quai de Passy une place Saint-Sulpice
Un boulevard Malesherbe un quai de la Mégisserie
et une place Saint Germain des Près
après laquelle il n’y a plus d’après

DES PALMES

Ces jours qui te semblent vides Et perdus pour l’univers

Ont des ramées avides Qui travaillent les déserts

Paul Valéry


Des palmes  vues sous l’arbre

Qui font le lien

Entre le vide et le plein

Silence et palabres

Mots distant des choses

Où essais poétiques

Cherchent avides

Nos métamorphoses

Menton 16 août Martigues 18 août 2024

https://eloge-de-l-arbre.over-blog.com/