JE FAIS LE SAUT PAR LA FENÊTRE





Faute de mieux, mes vers tournant

en rond,

Je fais le saut par la fenêtre.

Sur le pavé je rebondis,

comme le singe grammairien

dont on se moquait dans les revues textuelles,

naguère.





Faute de mieux, je fais le sot,

l’idiot inutile de la vieille métrique,

Métro, boulot dodo,

le dernier empaillé peut se voir dans une vitrine

du Museum d’Oxford (je crois).





Je crois en l’autre, je crois sans croix

et sans manière.

Je regarde par la fenêtre,

cet homme coupé en deux,

qu’affectionnait Breton.





Il aurait dû signer André.e.

                                                                                                                            

JE SUIS COMME JE SUIS UN AUTRE MON SEMBLABLE





Je suis comme je suis Juliette chantant Prévert

Je suis comme je suis ce maître chinois rêvant d’un papillon

Je suis comme je suis le scribe intégrant toutes les langues de Babel

Je suis comme je suis le singe grammairien sautant sur les sonnets du Rien

Je suis comme je suis l’adolescence Clémentine

Je suis comme je suis le propre et le figuré

Je suis comme je suis la voix de Schéhérazade

Je suis comme je suis le papillon qui rêve de Tchouang Tseu

Je suis comme je suis l’artiste dramatique assis sur son petit banc de tortue morocoy

qui dicte ses derniers mots à la mer de tous les récits





9 juin 2020 01h06