J’ai eu la bougeotte – qui ne l’a pas eue ? – Manque de jugeote – c’est coutumes et us – Je me suis posé – mais jamais Assis – Je me suis moqué de Sainte Bourgeoisie Nos chimères et monstres chevaux échappés : Noter leurs méandres les enregistrer Et ensuite que faire de ses inepties La folle manière la livrer aux psys ? Surtout pas mon frère bien tenir sa plume C’est récrire noir sur blanc Chaque jour fabulant, inventant fantaisies Celles que l’on écarte et celles que l’on suit Mais homme sans superflu embarras Faux problèmes et vaines subtilités Ni charbonnier ni libertin ni bel ara L’homme est d’argile Et que souffle la liberté !
Category Archives: Non classé
JE VOIS LES YEUX FERMÉS
Je vois sous l’arc-en-ciel une pièce de neige et d’or
Je vois l’ogre qui gîte juste au-dessus de ma maison
Je vois Gertrude Stein devant un fil de fer
tordu par Calder qui me regarde fixement
Je vois les noms de fleurs des continents
les suppléments aux voyages du siècle des Lumières
Je vois mes deux amandiers des Martigues
qui me transportent vers l’Arles de Vincent
Je vois mes yeux qui sont poissons
de l’Arize ma modeste rivière
jusqu’aux sources de l’Orénoque
que Colomb prit pour Paradis
Je vois mes dents qui sont serpents
Et qui avalent toutes mes peurs
Avec la plume des ancêtres
et les Esprits du grand Cosmos
Je vois ma bouche qui est un rêve
De lune rouge et d’étoile de mer
Je vois mon cœur qui chante l’invisible
Monté sur un cheval sous les nuages noirs
Et je vois mon image qui balaie tout cela
le cœur les dents la bouche sur ce papier
qui rend visible le mystère des masques
et l’énergie de l’Art…

je vois le mystère des masques et l’énergie de l’art
SUR LE MOTIF
Giboulée de novembre Flamants se serrent sur l’étang Un arc-en-ciel soudain Un vol d’oiseau erratique Je songe à Mallarmé Déchiré par son Cygne Sur le motif J’aurai rêvé ma vie À l’instar de mes signes
CE QUE C’EST QUE DE VOIR
JE VOIS CE QUE TU NE VOIS PAS
Je vois le soleil de nuit dansant la sardane sur un mur de Miró
Je vois le couloir entre la cuisine où nous vivions et…l’étable des vaches
Je vois le corridor et ses carreaux à fleurs bleues entrelacées
où je jouais au palet à la marelle et à tous les jeux de Rabelais
Je vois le bateau et la neige et la fleur de souci
les beaux vers et que sais-je l’estragon de la nuit
l’attente des nénuphars quand Monet prend le frais
le cri des canotiers Pulchérie! Népomucène!
Je vois et n’y vois goutte
mes poches sont trouées
et nul frou-frou au ciel
Je vois le père Prévert sous l’œil de son copain Doisneau
avec son ballon de rouge et son toutou à ses pieds
sur le quai Saint Bernard près de la Seine
Je vois Sainte Victoire
Ligne incertaine
Vague chapeau de gendarme
Morceau de craie
Je vois des vaches s’envoler de leurs prés
changées en vautours ou en chevaux légers
Et c’est l’homme de maïs de Miguel Angel Asturias
qui approche et me dit titubant :
– Hermano tu es cette fleur jaune
dans le va-et-vient du temps.

je vois Mathis (7 ans) et Jean Jacques (77 ans) faire danser leurs personnages noirs
LE BEL OCCITAN
LE BEL OCCITAN Mes parents petits paysans voulant que leur rejeton -fils unique- réussît à l’école et qu’il s’éloignasse du maniement de la charrue et de l’élevage des bovins (avec le fumier qui s’ensuit), m’ont interdit d’apprendre leur langue première, le bel occitan qu’on leur avait persuadé de nommer « patois » (c’est pas toi !) Je l’entendis quand même et je le compris mais fut incapable de le transmettre à mes deux filles : c’est ainsi que meurt une langue.
https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-dictionnaire-part-moi