
Ah! si je connaissais une personne qui oublie le langage pour avoir à qui parler! Tchouang Tseu
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour

Ah! si je connaissais une personne qui oublie le langage pour avoir à qui parler! Tchouang Tseu
La nuit comme rencontre du sommeil sans sommeil La nuit comme l’écart du Corps et de l’Esprit La nuit comme ton âme en allée dans ta nuit La nuit comme ta grâce ignorée des miroirs La nuit comme les flaques de la mer sur le sable La nuit comme une écharde dans la main du silence La nuit comme un sentier dans la voie lactée des indiens morts La nuit comme les clefs qui n’ouvrent aucune porte La nuit comme la perte des songes et des promesses La nuit comme l’encre noire qui a tracé cette page

L’emploi du temps des nuits où nous veillons solitaires Chacun et chacune devant les rumeurs du monde les collectes de phrases les phares des calligraphes les encres et les couleurs projetés sur la toile les musiques tissant l’étoffe de nos rêves
L’emploi du temps à travers le temps présent où la foule est coupée de la voie des poèmes qui vont et viennent sur nos peines et nos joies les silences de tout ce qui est trop difficile en paroles
L’emploi du temps à l’écart à l’écoute de nos cocons de mots où l’on puise l’énergie qui font nos manuscrits toujours inachevés Ondulations arborescences brouillons épars sans ratures ni repentirs
Et tout le reste est littérature
Ainsi se termine la série commencée le 26 juin 2022 sous le titre POUR OUBLIER MAUX ET VIEILLESSE et terminée cette nuit du 17 septembre 2022
