Suis-je ici à New York Suis-je la a Seville ? Avec les memes porteurs de reliques d’un vendredi qu’ils disent saint Avec la clique de musiques militaires et funebres Suis-je ici Suis-je la Des pigeons font roucouls a six heures du matin Ma memoire se joue sans meme le savoir de l’oubli du lendemain …

RENCONTREDUARA


Dans la serre tropicale du zoo de Central Park, ce mercredi 13 avril un ara m’attendait . Le pareil et le même que celui aperçu à l’orée d’une forêt vénézuelienne en 1970. Il me fit un clin d’œil. – Tu vois moi, mon petit camarade, j’arbore toujours mes couleurs rouge et bleu. Je n’ai pas blanchi comme toi, je n’ai pas subi les affres des humains. – Affreux! Affreux ! J’ai essayé de lui faire répéter, mais il m’a laissé à mon rôle de perroquet.

UNE HEURE ANNULÉE

Je passe chaque nuit, après un premier somme, une heure éveillé à lire, penser, rêver et, « dans la foulée », écrire sur le papier, « le fugitif, le mystérieux » et l’infini d’une heure soumise aux métamorphoses. Bri/Collages subtils ou grossiers, ajoutages, qui donnent l’impression, en fin de « conte », que mon heure n’a pas eu lieu.

RÉMINISCENCES ANTICIPÉES

Les mots en guise de titres
je les choisis après coup

Après que de coups de dés
en coups de dés
les mots abolissent ma page

Elle est bleue ce matin
Et j’y fais des sauts de carpe

Je m’y prélasse aussi 
Quand le poisson doré
prend la forme d’un oiseau lyre

Celui d’un poème de paroles
que l’on avait composé
avec nos petits caractères en plomb
sur la presse de l’instituteur Freinet

Son titre tintinnabulant 
Nous avait excités
Mais je l’ai oublié


le titre est proustien