JOUR DE VOTE : ESPOIR OU CAUCHEMAR ?

Le droit de vote : pour ou contre ?
Le poisson frit ou en papillote ?

Je vote systématiquement depuis l’an 1966
(l’an de mes 21 ans -âge légal à l’époque)

Je vote sans état d’âme
Pour faire ce devoir dont furent privé
Mes ancêtres

Je vote sans hésitation
Mais non sans (l’âge aidant) réflexion

Aujourd’hui après la Covid
Et devant la guerre en Ukraine
Un critère essentiel dicte mon choix
La FrancEurope
(Encore plus Encore mieux d’Europe)

(Les cons joyeux qui sont légion
Vont voter comme des effarés
Pour Ceux et Celle qui leur vantent
Les balivernes mortifères de la Nation)

SI HUGO REVENAIT

Un jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne, absolument comme la Normandie, la Bretagne, la Bourgogne, la Lorraine, l'Alsace, toutes nos provinces, se sont fondues dans la France. Un jour viendra où il n'y aura plus d'autres champs de bataille que les marchés s'ouvrant au commerce et les esprits s'ouvrant aux idées. Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes, par le suffrage universel des peuples(…) qui sera à l'Europe ce que le parlement est à l'Angleterre, ce que la diète est à l'Allemagne, ce que l'Assemblée législative est à la France ! Un jour viendra où l'on montrera un canon dans les musées comme on y montre aujourd'hui un instrument de torture, en s'étonnant que cela ait pu être ! Un jour viendra où l'on verra ces deux groupes immenses, les États-Unis d'Amérique, les États-Unis d'Europe, placés en face l'un de l'autre, se tendant la main par-dessus les mers, échangeant leurs produits, leur commerce, leur industrie, leurs arts, leurs génies.
Discours de Victor Hugo au Congrès de la Paix de 1849













CARNET SECRET D’UN APPRENTI DICTATEUR



-	Quand tu seras dictateur, de quoi auras-tu peur ?
-	D’être visé par un coup d’état.
-	Qu’aimes-tu faire le dimanche après-midi à tes heures perdues ?
-	Faire des listes de gens à déporter.
-	Quand tu te retrouves au milieu de la foule, qu’elle est ta première réaction ? 
-	Ordonner une purge.
-	Si en discutant quelqu’un « te prend la tête », qu’elle est ta principale envie ?
-	Le faire exécuter.
-	Quand tu auras tous les pouvoirs à la tête de la Sainte Russie quel est ton rêve secret ?
-	Réduire le grenier à blé de l’Ukraine en un désert de bêton et de tanks rouillés.


Sous-texte ; Alors comme ça vous voulez devenir dictateur ? Fran Lebowitz



L’ART DU ROSEAU

C’est étonnant comme les pas de femme
Résonnent au cerveau des pauvres malheureux.
Verlaine 

L’art pauvre
Pauvre Carnaval
Tu t’en vas
É you démori
Et je demeure
Seul sur la plage
Du Cavaou 1

L’art du roseau
Zic zac
Puis vite photo
Clic clac
Avant que vague
Tout efface
L’œil du dessin

Et la tête
Et le cœur
Du brin de paille
Soleil couchant
Alouette prise
Dans les filets amers
Du temps

1  Fos sur Mer



l’art du roseau zic zac le Cavaou (sans date)

LISEZ AVANT DE VOUS ENDORMIR

Quand le matin commence à poindre
Quand le bouquin est achevé

Claude Nougaro
Berceuse à pépé


Je lis toujours un livre (un « vrai », en ces temps de « tablettes » généralisées, il vaut mieux préciser), avant d’éteindre ma lampe de chevet et passer en mode endormissement
Mais quand, comme tout à l’heure, je termine un bouquin 1 et que mes yeux ne sont pas prêts à se fermer (le signe que je peux procéder à l’extinction des feux),
je prends un nouveau livre (acheté, ça tombe bien, à la librairie de ma ville « ce tantôt)2

Voilà, c’était le fragment, Lisez avant de vous endormir, écrit au réveil d’un premier somme.



1  Vider les lieux Olivier Rollin (offert par une de mes filles qui vit à New York,  pour mes 77 piges- lire le poème sur le blog)

2	Pensez avant de parler Lisez avant de penser Fran Lebowitz (écrivaine newyorkaise traduit de l’anglais par Pierre Demarty)






DÉCASYLLABES D’UN AUTRE AVRIL

L'avril sans vers ni vermisseau
Animaux à mi-mots
Zao Wou Ki est parti
Blancs en deuil
Temps des cerises
Fréhel Fredons & Poésie
L'avril jusqu'au trente


J'ai laissé filer l'avril jusqu'au trente,
Pas un seul petit vers ni vermisseau.
En revanche sur le blog poésie
mode d'emploi les poèmes ont fleuri
pêle-mêle, ordonnés par les jours,
les nuits, la courbure des animaux :

chants du loriot, huppe des Alyscamps,
lièvre patagon, perdrix des neiges.
Aujourd'hui Zao Wou Ki est parti,
encres de Chine et lavis, blancs en deuil.
Sur le papier des taches de soleil
et d'ombres, sur les feuilles boursouflées
« sans titre » éveille notre imaginaire.


Refusant les pensées figées, je laisse
aller, sans m'y arrêter, les idées
qui viennent et puis qui passent. En silence,
loin du monde saturé de bruiteurs.
En attendant l'éclat verbal, la ligne
juste. Lisant à voix haute à son chat
les paroles à contre-courant, sans suite.

Cerisier, merisier, de Martigues à
Combourg. Au temps heureux de nos cerises,
Riant de bon cœur, car il est bien court.
Une fille à Cancun, l'autre à Craco
vie. Et nous deux. Premières hirondelles,
et pour la rime, la rue de Fréhel :
J'ai l'cafard, la coco, comme un moineau.

Comme les fredons d'une poésie :
une heure dans la nuit, personne en vue
qui nous sermonne. L'avril jusqu'au trente.


C’était l’Avril 2013 Au temps
Heureux de nos cerises sans plaie au cœur
Sans mort prématurée de « ma moitié »
Ni guerre anachronique
Dans les terres dévastées de l’Ukraine