DE NUIT EN NUIT

Ainsi de nuit en nuit tu dénuites

Tu tisses et tu détisses

Des lignes inédites

Et le poème se faisant

Tu t’oublies dans des rimes

D’un autre temps

.

Ainsi de nuit en nuit tu dynamites

Fragments fusées cœur mis à nu

Instants précieux

Qui sonnent sans raison

Mais non sans résonances :

Les mots c’est de la poudre blanche

Et c’est Nerval, clinique Blanche,

Imaginant ses filles de feu

.

(la suite manque

c’est pour une autre nuit

où nous mettrons en scène

nos fantaisies immémoriales)

POÉSIE NE FAIT PAS DE VAGUES

Poésie ne fait pas de vagues
Elle vogue de nuit en nuit
Sur la barque d’un Anonyme.

Fanal, feu latent, exercice,
Poème en rupture, brisures
Que l’on recolle pièce à pièce.

Les mots viennent de toute part
Mais il faut les laisser passer
Ou bien les isoler en chambre
De décontamination.

Sans livre à portée j’ai du mal
J’ai du mal sans papier stylo
Mais persiste la tête pleine
De tous les poèmes nourriciers.

À la fin sans pouvoir me plaindre
Sans voix sans oreille et sans yeux
Je n’aurai alors pour survivre
Que les mots sur les lèvres
De celles qui m’ont aimé.

ÉC/RIRE

Lutter par le rire, notre vieille arme, contre tout ce qui dépasse mes forces et ma raison, puisque l’indignation elle-même devient aujourd’hui dérisoire dans sa futilité.

Romain Gary

Écrire c’est mon dada

C’est dire non au sang versé durant la grande boucherie de 14-18

Écrire c’est ma crise de verres, grossissant la recherche d’une pensée imprévisible, accouchée sur le papier, après sa recherche par des chemins de traverse

Écrire c’est tousser en proclamant tout sait :

la pierre, l’air, le feu, la mer, la nue,

un trou de verdure où chante une rivière.

Écrire es amor que nos tranfigura !

Écrire une nuit transfigurée

Et laisser rire

Laisser  se déployer l’éphémère

sans paternité

SUR LE PAPIER

Tu as écrit longtemps

Sur un papier blanc

Comme neige

Ta plume en l’absence

De tout correspondant

.

Et maintenant c’est sur l’écran noir

Que tu défends une certaine idée

De la vie couleur de tes rêves

Luttant contre l’écrivaillerie

Le chiendent d’un siècle débordé

Par les écrits numériques

En cul-de-sac

.

Le voyage s’achève

Vers ce bas d’une page

Où tu as parlé au papier

Somme toute en aveugle

Un mot chassant l’autre

Une petite heure

Dans l’hôpital d’un poème

À réparer d’urgence