
une grosse abeille
grappe ultime de ma treille
aux balcons du ciel
.
photo prise depuis la fenêtre de ma chambre 19/10/2026
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour

une grosse abeille
grappe ultime de ma treille
aux balcons du ciel
.
photo prise depuis la fenêtre de ma chambre 19/10/2026
Silence sur la page
Poème remue encore
La formule est un peu
tirée par les cheveux
Mais personne
à part le maigre lectorat
de poésie mode d’emploi
ne la lira
Poème
Remède à l’ennui
On écrit ça pour la forme
Qui dépasse celui qui l’ex
prime
Oui
Ces derniers mots
On ne peut plus
Boiteux
C’est en prime
.
variation
des poèmes
en veux-tu
en voilà
des poèmes
en voiture
Simone
des poèmes
en voix
de tête
de blues
et d’opéra
des poèmes
en voulez-vous
en voile
en joue
en vous
des poèmes
tirés du cri noir
d’un milan
des poèmes
de ballades
et d’envois
des poèmes
d’espaces
d’éboulis
des poèmes
qui disent
le contraire
de ce qui est dit
des poèmes
battements
d’elle
fragile beauté
des poèmes
panne
d’électricité
des poèmes
d’espèces
d’espaces
des poèmes
je me souviens
des poèmes
amnésies
anamnèses
des poèmes
disparition
et vie
mode d’emploi
des poèmes
sous influence
de Perec
des poèmes
qui virent
de bord
des poèmes
qui traversent
le ru
des poèmes
rutabaga
et radis noir
des poèmes
écrits
sur le pont
de Brooklyn
le premier mai
2018
des poèmes
du milieu
de l’empire
des poèmes
qui en pincent
pour Li Po
et Wang Wei
des poèmes
du passage Montaigne
des poèmes
plus légers
que la folle avoine
des poèmes
qui sortent d’un encrier
des poèmes
de pierres de rivières
des poèmes
de forêts de bambou
des poèmes
d’un rameur
couché dans sa barque
toute une nuit
des poèmes
que personne
ne connaît
des poèmes
d’un poète
qui a perdu
la voie
des poèmes
d’un crayon
de papier
écrits d’un coup
la nuit tombée
des poèmes
tu te souviens
ma joie
des poèmes
tristes à mourir
des poèmes
de cimes et d’abîmes
d’accents circonflexes
des poèmes
circonspects
complexes
des poèmes
de toutes les manières
des poèmes de peu
qui brûlent à petit feu
des poèmes
de petites bouches
n’en déplaise
à Victor Hugo
des poèmes
de houx vert
et de bruyères
en fleur*
*Victor Hugo
des poèmes
clos et ouverts
des poèmes
plus noirs
que blanc
des poèmes
courants d’air
des poèmes
coups de vent
des poèmes
roulant des pensers
qu’on ignore*
*Théodore de Banville
des poèmes inspirés
mais que la main
retient
des poèmes
sept fois sur la langue
tournés
des poèmes arrêtés
art était
cette rime équivoquée
des poèmes
de marbre
du journal quotidien
des poèmes archipels
dans les marges de l’Odyssée
des poèmes cyclades
des poèmes recyclés
d’une autre poétique
sans dieux qui vivent
des poèmes d’esquives
des poèmes
rien d’autre
des poèmes
grains d’orge
pour le petit Georges
des poèmes
de grand-père
lorsque l’enfant paraît
paré de mille attraits
des vers du père Hugo
des poèmes
enfin
en attente
en vain
des poèmes
non-nés
de la dernière
pluie
des poèmes
de passage
sur ton cœur
qui s’ennuie
des poèmes saltimbanques
géomètres incertains
des poèmes étincelles
errant dans leur zone d’ombre
et de soleil
cou coupé*
*Apollinaire
poésie mode d’emploi 1° octobre 2019
Je pense à cet étudiant qui avait essayé de mutiler la Joconde.
Parfois j’ai l’impression que la Joconde c’est du vandalisme.
Romain Gary La danse de Gengis Cohn
.
Je nage dans le fleuve du temps
J’entends le violon des sanglots longs de l’automne
Je nage dans les pages de mes livres en feu
Un vieillard qui meurt c’est une bibliothèque qui brûle
J’entends Ionisation et la sirène des pompiers de New-York
Je rage dans la mémoire vive de Mai 68 notre Utopie
J’entends les cloches qui sonnent le glas de notre démocratie
Et je pleure avec Verlaine
Mais je ris avec Gary
.
variante
Tu nages dans le fleuve du temps
Tu ne sais pas si c’est un rêve d’endormi ou d’éveillé
Tu nages dans les pages des livres en feu de Gary
Tu ne sais pas s’il s’agit d’un oxymore ou d’une traduction de gary issue du russe
Tu nages dans la mémoire circulaire de l’oubli
Tu essaies toujours de ruser entre l’imaginaire et la réalité
Sur le papier et sur l’écran
J’écris à n’en plus finir
Mais lire est réservé
Aux bons vieux livres
Qui parlent de mes soucis
.
Actuellement et pour un bon bout de temps, je lis récits, romans et livres concernant Romain Gary, dont le dibbuk, son fantôme collant, vient me hanter.
Mais en même temps, j’en ris.
Je m’amuse de la manie de l’écrivain aux 36 romans à s’inventer des Pseudos.
Il s’appelait en vérité Roman (Kacew), ni Romain (Gary), ni Émile (Ajar), ni d’autres pseudonymes, qu’il inventa.
Un Roman peut en cacher un autre.

photo des Pyrénées depuis Ozon 16/10/2026
Quand les mots s'embrument
Reste la silhouette bleue
De leur existence évanouie

Quand le présent s'emmure
Trouver la faille en nous
Pour entrevoir le ciel
Et la lumière

Une montagne
Comme une île têtue
Face à ce qui s'avance
Et menace
Elle dit :
Je maintiens
Et j'aime
Quoiqu'il advienne
.
Photos et poèmes de Danielle Nabonne
depuis Ozon (Hautes Pyrénées)
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