Dans mes poèmes j’avance si lentement que je rends souvent page blanche Me promenant rêveur entre les lignes Ou posant fier comme un dernier Abencerage (un rappel si je ne m’abuse de Chateaubriand) Dans mes poèmes blablabla Où je m’embarque sans biscuit À l’heure du berger Au milieu de la nuit Bâtons rompus entremêlés Un dernier coup sur la peau de mon tambour Ratapampan Derniers hoquets Ultime rime équivoquée
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LA MAIN SECONDE
…effleurer et pincer par la tête ou par les pieds tantôt un auteur, tantôt un autre ; nullement pour former mes opinions ; mais pour les assister piéç'a (depuis longtemps) formées, seconder et servir. Michel de Montaigne Vivre de peu de chose Accoudé au balcon de sa nuit sauvage 1 Vivre de ces citations glanées par un guetteur placé à la plus haute cime 2 Celle où il s’interdit de tourner son regard vers la mer cet horrible papier de verre qui gratte les rochers, les corps et les âmes 3 Laisser courir cette plume d’un pays inconnu Qui décortique chaque voyelle de son nom interdit 4 Vivre de ces images innocentes, imprévues, puisées dans des livres absents depuis belle lurette de toute librairie… La main seconde est une étude sur les citations d’Antoine Compagnon 1 Julien Gracq (nom de plume) 1910-2007 2 Hubert Juin (nom de plume) 1926-1987 3 Jean Giono (1895-1970) 4 Paol Keineg (1944- )
LE TOUTOU LE TOURISTE
chanson enregistrée le 18 mai 2016 au studio du Petit Mas aux Martigues
L’ART DE LA DESTRUCTION
Aucun pays n’a mieux maîtrisé l’art de la destruction de l’âme de ses citoyens que la Russie. Joseph Brodsky 1 Les bonnes raisons de faire la guerre sont toujours mauvaises. Dans la tête du petit fonctionnaire soviétique du KGB devenu Espion en Chef et Maître Sans Vergogne de la Russie, C’était le moment de déclencher son « opération spéciale » : une bonne petite guerre pour purger les voisins ukrainiens de leur passion démocratique tournée vers l’Union Européenne. Et à la fin, on éventre les immeubles, on détruit théâtres, hôpitaux et maternités, on affame et on prive d’eau les villes assiégés, on tue et massacre, et les enfants ont autant de valeur que des chiots que l’on jette à l’eau. 1 Joseph Brodsky (1940-1990) Arrêté pour « parasitisme social », (lire : « activité d’un poète récalcitrant »). Exfiltré aux Etats Unis, prix Nobel de Littérature en 1987. Quel lecteur de poésie n’a pas gardé en mémoire le fameux dialogue, devant la cour, à Leningrad, entre le juge et Iossip Brodski, lors de son procès pour «fainéantise », « parasitisme » en octobre 1964 ? À la déclaration de Brodski, qui rappela qu’il était « poète, traducteur poète », le juge eut cette répartie : « Et qui t’a reconnu comme poète ? Qui t’a fait entrer dans les rangs des poètes ? » À quoi l’auteur des Collines répondit : « Personne. Et qui m’a fait entrer dans les rangs de l’espèce humaine ? »
DU CORPS AU COR
Fantaisie anachronique Le corps Le petit corps humain témoin de l’immensité du cosmos mêlé au for intérieur La nuit quand tout s’éclaire Interstellairement Le corps sous le manteau D’une belle pièce de Poésie Que l’on agrippe, ragrippe Sur l’étal d’Henri Michaux 1 Le corps qui s’abandonne Au son du cor Mélancolique et tendre… Le soir au fond des bois 2 1 Henri Michaux Invitation 2 Alfred de Vigny