AU-DELÀ DU NOIR ET DU BLANC

Sur mes pages je griffonne des textes fragmentaires faits de bric et de broc de briques et de broques de bris et de brises marines de poèmes hors-prix et de prises de tête pour des fêtes galantes et des faits avérés comme les recherches grotesques et sérieuses de Bouvard et Pécuchet

illustration Maria-D Cano

TOUT ET RIEN

Tout l’atlas devenu fou

Les meurtres et les blessures

Tout l’hubris du Russe menteur

Le sang des tragédies versé

Sur la page

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Rien qu’un rêve saoul

De paix universelle

La mer la mort à boire

La pourriture noble pervertie

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écrire un poème, persister au temps des tragédies

« nous ne savons jamais qui nous sauvons quand nous écrivons

comme nous ne savons jamais qui (en définitive)

nous a sauvé quand il écrivit hier »

(lire le commentaire)

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LECTOR IN PARAÏSO

C’est toi qui le liras…le relieras au dévoreur de livres…doigt et lèvres marqués du sang noir de l’imprimeur…

Ou bien tu seras ce lecteur en alerte… à l’affût…qui ne sachant pas d’où va venir le gibier… s’efforce d’instaurer une patiente d’alchimiste… points en suspens…et contrepoints des arrêts sur images…

Lecteur boulimique et retenu…le doigt suivant la ligne… puis les yeux fermés prolongeant la rumeur du monde des signes…le cœur au ralenti…ou saisi d’une frénésie sauvage…

Tu poursuis le rêve insensé d’échanger avec ton LECTOR IN PARAÏSO quelque sortilège verbal…de le multiplier (sic) en nos voix communes et singulières

En des textes labyrinthiques cherchant l’au-delà de jours fracassés par l’actualité

Si par une nuit d’octobre lire c’est aller à la rencontre d’une chose qui va exister

LECTOR IN PARAISO Encres Vives collection Encres blanches n° 155 juin 2004

Réécriture 8 octobre 2025

LECTOR IN PARAÏSO le photographe a mangé le LECTOR

PASSES

C’est comme un pont traversé et retraversé car chaque fois on oublie ce qu’on allait chercher sur l’autre rive

C’est l’olive de la récolte plus amère que le noir de tes yeux dans ta nuit définitive

C’est la mort qui nous frôle et que nous attendons de pie ferme sur nos pieds s’aidant du chiffon rouge pour écarter l’intruse

C’est le rêve des Égarés tout repère effacé toute trace perdue

C’est la dactylographie scrupuleuse de chacune de nos rêveries

Ce sont nos barbares civilités

TRADUIT DU SILENCE

Traduit de l’odeur inimaginable d’une rose du paradis

Traduit des divinités paisibles d’une musique faite avec un arc en ciel

Traduit des mounines et des mounaques remplies de paille que l’on pend aux arbres en fleurs pour éloigner les oiseaux

Traduit de la danse de Quetzacoatl le serpent aux belles plumes

Traduit de ce petit texte exposé aux interprétations les plus erronées

Traduit de la folie de rapporter le vrai et le faux à notre suffisance

Traduit du silence

vous pouvez lire « Traduit du silence » en bas, à l’envers

Après avoir vu ce portrait au Moma de New York en 1974

j’ai écrit un poème publié dans mon premier recueil « Itinéraires » (JP Oswald 1975)

on peut le lire en commentaire accompagné de 5 autres interventions