Je relis mes fadaises
Elles sont faites des mille et une voix
posées ici sur ce mode d’emploi imaginaire
d’une poésie en train de s’inventer
Je provoque les étincelles de mes roues à aube
avec le bois du cèdre et le torrent des œuvres
qui les fait continûment tourner :
Libérez-vous de servitude et de vos idées arrêtées
Et passez outre la confusion et la discorde
dictées par la rumeur du monde
Je relie mes impasses
À la trop grande impatience
Qui pousse à la rue les égarés
Dialogues de sourds
Refus de s’accorder
Je tâche d’y voir clair
Dans les choses inconnues
Qui viennent de ces mots
Qu’il faut apprendre à taire
Quand tout est confusion
Mais quand je les confie au papier
J’oublie toute prudence
Et laisse résonner
Selon le souhait manifesté par Michel de Montaigne :
Un parler ouvert ouvrant un autre parler
Et le tirant hors
Comme fait le vin et l’amour
Category Archives: Non classé
IMAGE / LANGAGE l’imagination à la flexion du verbal et du non-verbal

CENTON & MISCELLANÉES 51 à 55
CENTON Pièce faite de fragments d’étoffes rapiécés, si l’on veut. Ou bien l’étoffe se transforme en textes divers puisés dans nos livres et que l’on « colle » l’un après l’autre. Des ajoutages lit-on dans les notes accompagnant les paragraphes mis bout à bout, d’une œuvre qui n’en finit pas d’être rafistolée. Ou bien des miscellanées, du latin « miscellanea » : choses mêlées.
J’invite lectrices et lecteurs au gré de leurs lectures d’apporter à leur tour leurs petites pièces, leurs petits bouquets de citations.
JJ Dorio auteur du blog Poésie mode d’emploi
…les citations, greffes capricieuses en apparence, impriment une magnifique éloquence au discours : les citations résidus culturels, s’incorporent de façon prodigieuse dans la structure car, au lieu de s’ajouter tranquillement au reste du texte, elles font en sorte que tous les deux s’entrechoquent, prennent une puissance imprévue et se transforment en un nouveau chapitre du livre.
Enrique Vila-Matas Paris no se acaba nunca Paris ne finit jamais
51
La poésie met le langage en état d’émergence.
La vie s’y désigne par sa vivacité.
52
Le mot OISEAU : il contient toutes les voyelles. Très bien, j’approuve.
Mais à la place de l’s, comme seule consonne, j’aurais préféré l’l de l’aile : OILEAU,
ou le v du bréchet, le v des ailés déployées, le v d’avis : OIVEAU.
53
Comme un couteau dans un fruit
Amène un glissant ravage
La mélodie au doux bruit
Fend le cœur et le partage
Et tendrement le détruit.
54
Ainsi se dessine l’utopie, la visée de ce blog intitulé,
un peu par provocation, un peu par dérision,
poésie mode d’emploi.
Ni modèle d’écriture toujours en mouvement,
ni, encore moins, modèle de vie,
mais, sans se bercer d’illusions,
incitation aux « extensions du domaine du don »,
sur les sentiers solitaires et solidaires
de la création.
55
Je veux rendre grâce au divin
Labyrinthe des effets et des causes
Pour la diversité des créatures
Qui composent le singulier univers
Pour Verlaine innocent comme les oiseaux
Pour le fait que le poème est inépuisable
Qu’il se confond avec la source des créations
Qu’il ne parviendra jamais au dernier vers.
51 Gaston Bachelard (27 juin 1884-30 avril 1962) 52 Francis Ponge (27 mars 1899-6 août 1983)
53 Anna de Noailles (15 novembre 1876-30 avril 1933) 54 Jean Jacques Dorio (24 mars 1945- ) 55 Jorge Luis Borges (24 août 1899-14 juin 1986)
MARCEL PROUST NAÎT
Marcel Proust naît le 10 juillet 1871 à Auteuil là où les bêtes à tiercé passent les haies le dimanche sa mère Jeanne Weil Proust est sa bonne fée une voix qui conte dans sa petite enfance les aventures de Shéhérazade quand j’étais petit j’étais souvent malade et je voyais le monde comme Noé depuis mon arche le lit où j’étais reclus avec l’aide de ma lanterne magique et du baiser tant attendu de ma maman le soir couché de bonne heure…
Fréquentation de Marcel Proust
Pendant le long temps du Covid je suis entré par hasard dans la cathédrale Proust. Par la voix des comédiens (de la Comédie Française) qui m’ont incité à les suivre ligne à ligne À la recherche du Temps perdu, puis sur la scène du « bal de tête », jeu de massacre du Temps retrouvé. Maintenant, deux ans de lectures et d’écoutes quotidiennes en plus, ces circonstances de l’accès aux tours baroques de la cathédrale Proust (toujours en construction), n’ont aucune importance. Ce qui compte, c’est selon la consigne de ce cher Marcel, devenir le lecteur de soi-même. Comme nous avons le don d’inventer des contes pour bercer notre douleur.
MORPHÉE
MORPHÉE
Ouf ! je me sors d’un rêve compliqué
Une histoire soufflée par mon appartenance à l’espèce fabulatrice 1
Un rêve de mortel d’une civilisation en voie de perdition
Ouf ! je reprends mes droits et mes essais d’apprivoiser le temps
Puis après ce petit exercice écrit en parlant au papier
J’éteins à nouveau ma lampe de chevet
Fils d’Hypnos (Sommeil) et de Nyx (Nuit)
Je m’appelle Morphée
1 Nancy Huston

Morphée 13 avril 2024