I would prefer not to Bartleby the scrivener
Herman Melville
J’aimerais mieux pas mourir
J’aimerais mieux pas y penser
J’aimerais mieux pas vivre à la Santé
J’aimerais mieux pas m’appeler Parkinson
J’aimerais mieux pas somnambuler
J’aimerais mieux pas battre le pavé
J’aimerais mieux pas plum plum tralala
J’aimerais mieux pas franchir le Rubicon
J’aimerais mieux pas affronter Charybde et Scylla
J’aimerais mieux pas chanter la Traviata
J’aimerais mieux pas aller à Château Noir
pour peindre la Sainte Victoire
J’aimerais mieux pas jouer
avec les pommes de Cézanne
comme avec des boules de billard
Category Archives: Poème du jour
L’ÉCHANGE DES MÉMOIRES
Échangeant nos mémoires cousues de fils noirs ou dorés
de chansons d’un autre âge d’il y a plus d’un an que j’t’attends
Celui que l’on fut : jeune homme à la deux chevaux dessinée par Giacometti
Celle que l’on a été : traversant l’Atlantique en Concorde dans une robe d’Arlésienne signée Christian Lacroix
Échangeant nos paroles dans une poésie qui boîte en prose
mais qui poursuit tant que vivons notre diction
Une langue qui, puisant dans la réserve, nous préserve de l’aphasie…

deux chevaux : dessin d’Alberto Giacometti
AU TRAVERS DE MA NUIT
Je ne vois plus le jour
qu'au travers de ma nuit
Je ne vois plus la nuit
Que comme un jour sans fin
Toujours en mouvement
De rêves en rêveries
Les images me fuient
Les images me font
Un corps de magicien
Un corps écartelé
Qu'un poème parvient
À rassembler parfois
Et d'autrefois je laisse
Aller le pur hasard
l'amorce en italique est de Jules Supervielle
J’IMAGINE
J’imagine Montaigne sur le cheval du temps à sauts et à gambades
J’imagine Mallarmé remodelant sans cesse son pitre châtié
J’imagine Tristan Corbière écrivant après chaque marée sur la plage des Amours jaunes
J’imagine Tardieu monsieur Jean qui danse le tango avec la Môme Néant
J’imagine mes amis Claude et Jacqueline l’une au jardin d’Alice poussant l’escarpolette du temps suspendu, l’autre faisant et défaisant sa cibiche de papier païs
J’imagine les Images que la lecture d’un poème nous donne et qui nous touche en profondeur parce que nous aurions pu les créer être parlant et résonnant
J’imagine sans fin tant que vivrai tant que vie vraie nous est permise en faits et dits en chansons en accords
précisions : les amis Claude Brugeilles et Jacqueline Saint-Jean, l’Image selon Gaston Bachelard, les dernières lignes de Clément Marot
À sauts et à gambades Jean Jacques Dorio Encres Vives 402 janvier 2010

J’imagine 3 hypnographies du 7 mai 2024
ÉLOGE DE L’ARBRE
https://eloge-de-l-arbre.over-blog.com/la-double-existence.html
Découvrez ce site merveilleux où le cœur des arbres réveille des forêts hors d’âge
« Des sentiers frémissent, l’espace s’ébroue,
le temps tremble sous le lierre :
l’arrière-pays se couvre de songes »
Gaston Puel