L’ARBRE DE STRAWBERRY HOUSE

Dans l’arbre où je rêve mes feuilles sortent d’un livre où les pages sont blanches et que je dois remplir tant bien que mal

Dans l’arbre où je pense : être ou ne pas être et que sais-je ? sont les questions qui me font frissonner

Dans l’arbre où je souffre, les docteurs de la forêt utilisent le terme de « captation embolique » pour décrire la rupture du fil d’eau qui court dans mes tissus de la racine à la cime

Et cependant contre vents et marées dans l’arbre où je dors la mort n’y mord

Italiques Shakespeare, Montaigne, Marot.



Londres quartier de Chiswick maison donnant sur la Tamise

Photo JJ Dorio 21 janvier 2024 12h57



https://eloge-de-l-arbre.over-blog.com/l-arbre-de-strawberry-house.html

ÉCRIRE OU COMMENT DIRE ?

Écrire : tentative d’accroître son identité ?
On peut le dire ainsi,
Y compris s’il s’agit de choses écrites à la manière de Francis Ponge : on est alors l’espace d’un texte cageot, verre d’eau, crevette, voire, figue de paroles.
Écrire des notes de bas de pages pour subsister ou donner le change quand on doit maquiller son identité, juif à Trieste ou dans le ghetto de Varsovie.
Écrire au facteur pour qu’il accélère sa tournée quand seul, isolé, en milieu hostile, on reçoit des lettres du monde entier qui parlent, d'amour et de fraternité.

***

Une suite d’une correspondante depuis son petit bout du monde

Je vous écris d’un petit bout du monde.

Ici, inutile de presser le facteur comme une orange,

La lettre pourrait arriver, en quatre jours, de l’autre bout de la planète bleue.

Hélas, il ne suffit pas d’attendre que votre correspondant réponde.

Si, en train, nous avons le choix entre deux classes,
en poste, seule change la durée du voyage.

Les lettres du monde entier qui parlent, d’amour et de fraternité prennent leur temps

Dominique C.