UNE VOIX INCONNUE




je fais espace à mon démon
dans la neutralité des choses
un jour de tournures de phrases
on me dit je ne comprends pas
les poèmes comme vous
cachés dans leur peau d’écriture


Nathanaëlle Quoirez
Kaïros
(vient de paraître
collection Polder)

Une voix inconnue
Sur ces petits bouts de textes
Assemblés en un recueil
de poésie

Avec le temps
-le très long temps-
Si je me lance dans une lecture nouvelle
Je me tiens à un seul critère :
Le texte grandit avec ses lecteurs
Que l’on peut lire comme :
Dans le chaos qu’est toute vie
Est-ce que cette manière de l’écrire
-je l’ai là sous les yeux
en 58 pages-
va dévoiler un aspect qui était resté caché
de mon identité ?
Ou non…

Cette nuit
(car c’est la nuit, au lit,
que je me livre à l’exercice)
C’est Oui 







C’EST L’ÉPIQUE ÉPOQUE





C’EST L’ÉPIQUE ÉPOQUE





Je laisse mon époque à d’autres

Plus d’un l’ont dit que l’on oublie

Ah ! l’époque est intéressante, notez bien

L’époque se moque des vers anciens





Je laisse mon époque et converse

avec mes lignes de vers nouveaux

qui s’avancent dans l’inconnu

dans le chaos





Je laisse ce poème mal barré

(mon gouvernail a cassé)

La langue cannibale me l’a mangé





Le titre est de Ferré

Le  vers en italique de Jean Paul de Dadelsen





RÉALISME LYRIQUE





« Lyrisme réaliste »

Mon oxymore ce matin

Me pince-mi

Me pince-moi

Me jette à l’eau

Je lis Frénaud

« Excrétions,

misères,

facéties .»

Réalisme lyrique

J’y suis





André Frénaud (1907-1993)





Il n’y a pas de paradis

PATCHWORK IN PROGRESS


POÉSIE MODE D’EMPLOI
écriture sans rature
mais avec le clavier
il n’est pas interdit
de modifier






C’est une page qui remue comme un serpent

C’est un page écrite sous les yeux de musiciens jazzant à Vienne

C’est une page écrite à la fin d’un long silence





C’est un souvenir d’enfance

C’est un souvenir d’enfance écrit soixante ans après

Celui qui l’écrit regarde ce qu’il est devenu dans la glace

avant de s’y mettre vraiment

C’est un souvenir d’enfance qui dévasta un petit enfant sans histoires

C’est un souvenir d’enfance Ô vous frères humains d’Albert Cohen





C’est un mouvement qui ne peut cesser

Si l’on en croit les théoriciens des vers

C’est un mouvement en voie d’extinction

Si l’on en croit les praticiens des vers

C’est un mouvement





C’est un roman qui commence par l’annonce d’une catastrophe

C’est un roman qui commence par nommer le mort victime de la catastrophe

et le supermarché qui dans le même temps s’est effondré

C’est un roman qui commence par ce souffle puissant propre aux catastrophes

C’est un roman catastrophique





C’est un lecteur

C’est un lecteur fâché avec l’unique libraire de sa ville

C’est un lecteur qui fait venir ses livres par la Fédération Nationale d’Achat des Cadres

C’est un lecteur qui aime briser les cadres

C’est un lecteur qui lit quatre ou cinq livres en même temps

C’est un lecteur qui écrit sur tous les livres qu’il lit

exceptés les livres de poésie

qu’il recopie





C’est une manière d’écriture du soir en attendant le film d’Arte

C’est une manière de donner le change aux chaos qui s’enchaînent

quand vient la nuit

C’est une manière d’instrument de recherche

C’est une manière de ralentir

Attention Travaux

13/01/2020
temps d'exécution
une heure environ