ALEXANDRINS EN VERS DE VELOURS


Plaisir jubilatoire le singe devient l’homme
Lequel un peu plus tard désagrégea l’atome
Fit des alexandrins sur des pages in-folio
Pliées en deux qui se gondolent et se marrent
Mares des mollusques mous et des onychophores
Qui sont vers de velours comme des métaphores
Et la musique jazz d’un Bach paratonal
Aimant le swing du piccolo au tuba basse
Y en aura des cristaux Y en aura des arêtes
Des coups de dés hasards qui me diront Arrête !
Ça suffit tu nous saoules Obstiné radiolaire
Hérissé de piquants ou bien vil ver de terre
Et drôle d’asticot ! Mais moi je persévère
Poursuivant mon destin antibouquinistique…
Et l’homme issu du singe en avale sa chique

les italiques sont de Queneau du quatrième chant de sa Petite Cosmogonie Portative


ADRESSE D’UN POÈTE ALGORITHME ALCHIMIQUE

En lisant Petite Cosmogonie Portative Troisième chant


les italiques sont de Queneau

Adresse du poète algorithme alchimique
Le facteur de ma rue a du mal à trouver
Mais je suis à l’affût quand je l’entends passer
Coucou oui c’est bien moi le poète Machin
Tailleur de métaphores Algébreur d’émotions
Je lui signe un reçu dont il fait la photo
Qu’il envoie illico aux frères planétaires
Et aux sœurs sans sornettes amoureux comme moi
Du vierge du vivace et du bel aujourd’hui








CE QUE J’APPELLE PARLER

CE QUE J’APPELLE PARLER c’est ouvrir un autre parler -disait plus ou moins Montaigne- qui aussi faute de mieux parlait au papier Parler de ce qu’il ne faut taire Terre et ciel Marelle Viens rêver l’envers des discours terrassants voués à ce rhinocéros des syllogismes mortels Parler de nos instants que l’on croyait perdus Concevoir énoncer le choix des mots soleils des nuits Parole pétillante qui vient à la fin nous bluffer Ouverte à la fin de cette petite page (format 110 mmx165) Ouverte à un autre parler Plaisir en soi de s’être parlé Appuyés sur l’inconnaissance (une formule de Tchouang-tseu)

écrit tel quel JJ Dorio nuit du 10avril 2023

L’APPRENTI ÉTERNEL

L’APPRENTI ÉTERNEL Aucun savoir ne permet la réussite d’un poème Et encore moins aucune  œuvre précédente l’éloge des confrères ou l’indifférence des non-lecteurs de poésie – Je sors celui-là – imprécis imprévu – de la nuit des grenades de bouches et de larmes D’un livre d’apprenti qu’il fallait découper au couteau pour passer d’une page à l’autre La lame de l’opinel révèle quelques éclats d’âme Mais surtout pas un supplément (comme nous écrivions alors) Poèmes jaillissaient du Corps transfiguré dans l’excès et l’urgence Soutenus par des lyres converties en orgues électriques Musique d’Eddy Louis Paroles de L’apprenti foudroyé de Franck Venaille