Plaisir jubilatoire le singe devient l’homme Lequel un peu plus tard désagrégea l’atome Fit des alexandrins sur des pages in-folio Pliées en deux qui se gondolent et se marrent Mares des mollusques mous et des onychophores Qui sont vers de velours comme des métaphores Et la musique jazz d’un Bach paratonal Aimant le swing du piccolo au tuba basse Y en aura des cristaux Y en aura des arêtes Des coups de dés hasards qui me diront Arrête ! Ça suffit tu nous saoules Obstiné radiolaire Hérissé de piquants ou bien vil ver de terre Et drôle d’asticot ! Mais moi je persévère Poursuivant mon destin antibouquinistique… Et l’homme issu du singe en avale sa chique les italiques sont de Queneau du quatrième chant de sa Petite Cosmogonie Portative
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ADRESSE D’UN POÈTE ALGORITHME ALCHIMIQUE
En lisant Petite Cosmogonie Portative Troisième chant les italiques sont de Queneau Adresse du poète algorithme alchimique Le facteur de ma rue a du mal à trouver Mais je suis à l’affût quand je l’entends passer Coucou oui c’est bien moi le poète Machin Tailleur de métaphores Algébreur d’émotions Je lui signe un reçu dont il fait la photo Qu’il envoie illico aux frères planétaires Et aux sœurs sans sornettes amoureux comme moi Du vierge du vivace et du bel aujourd’hui
LES EFFARÉS
Sur un poème de Rimbaud écrit en 1870 Musique et voix Dorio 10 avril 2023
CE QUE J’APPELLE PARLER
CE QUE J’APPELLE PARLER c’est ouvrir un autre parler -disait plus ou moins Montaigne- qui aussi faute de mieux parlait au papier Parler de ce qu’il ne faut taire Terre et ciel Marelle Viens rêver l’envers des discours terrassants voués à ce rhinocéros des syllogismes mortels Parler de nos instants que l’on croyait perdus Concevoir énoncer le choix des mots soleils des nuits Parole pétillante qui vient à la fin nous bluffer Ouverte à la fin de cette petite page (format 110 mmx165) Ouverte à un autre parler Plaisir en soi de s’être parlé Appuyés sur l’inconnaissance (une formule de Tchouang-tseu)

écrit tel quel JJ Dorio nuit du 10avril 2023
L’APPRENTI ÉTERNEL
L’APPRENTI ÉTERNEL Aucun savoir ne permet la réussite d’un poème Et encore moins aucune œuvre précédente l’éloge des confrères ou l’indifférence des non-lecteurs de poésie – Je sors celui-là – imprécis imprévu – de la nuit des grenades de bouches et de larmes D’un livre d’apprenti qu’il fallait découper au couteau pour passer d’une page à l’autre La lame de l’opinel révèle quelques éclats d’âme Mais surtout pas un supplément (comme nous écrivions alors) Poèmes jaillissaient du Corps transfiguré dans l’excès et l’urgence Soutenus par des lyres converties en orgues électriques Musique d’Eddy Louis Paroles de L’apprenti foudroyé de Franck Venaille