SOUS LES POMMIERS LES POÉMIERS


SOUS LES POMMIERS LES POÉMIERS Sous les pommiers les poémiers C’est une somme de notes Et de musiques effervescentes Sur le grand océan agité De la jazz émotion Portal portant au plus haut degré La musique improvisée Et la partition Del Baïlador Hors temps Hors bord Sous les pommiers Où passe L’éphémère éternité Un poème écrit En regardant le concert 2011 Jazz sous les pommiers De Michel Portal et de ses musiciens Qu’il transcendait

SUR CE MAGNIFIQUE PAPIER


Sur ce magnifique papier
Je vais essayer d’écrire un poème
J’espère fermement y arriver
Sur ce magnifique papier

Un poème aux cent sujets
La terre le ciel les plantes la tombe
Le cheval l’oiseau l’animal humain
Un poème aux cent sujets

Un poème sans moi-je
Que je dise Je que j’écrive Moi
Ce n’est qu’un jeu de pronoms sans personne
Un poème sans moi-je

Personne persona un masque
Pour jouer sur scène la comédie
Faire rire et pleurer et s’en aller
Sur ce magnifique papier

Martigues 17/03/2023

récitation : « sur ce magnifique papier »

L’ÉTOFFE DU MONDE

L’ÉTOFFE DU MONDE

L’étoffe du monde
Parure du beau cosmos
Parlures en archipel

La peau rose du monde
Tête chiffonnée d'un bébé
Sortant étonné du Ventre Univers
De sa maman

Promesse d’un monde chamarré
bariolé granulé
À l’infini tissage du déploiement des choses
Entre les mots
De siècles en siècles
En renouveau

De destructions en reconstructions
Le monde déchiré explosé
Que l’on recoud
Tant bien que mal

En le prosant
En l’habitant
En le parant
De suites sans fin
Poésie des Constellations

encre acrylique détail : l’étoffe du monde Dorio 17/03/2023

ON ÉCRIT PAS DES POÈMES POUR EN FAIRE DES POÉSIES

ON ÉCRIT PAS DES POÈMES POUR EN FAIRE DES POÉSIES


On écrit pas des poèmes par inadvertance
ni pour faire joli
On écrit pas des poèmes de pure fantaisie
On écrit pas en jouant la bourse ou la vie
(encore que)
On écrit pas en faisant une pétanque à Saint Paul de Vence
On écrit pas des poèmes en mode monologue intérieur
(mais ça peut arriver)
On écrit pas son poème dans la tête par avance

On écrit sur le papier dans le silence de la nuit
C’est une activité artisanale d’apparence facile
Mais qui demande beaucoup d’essais
et peu de réussites

Beaucoup de reprises de ceux
que l’on croyait avoir définitivement abandonnés
Mais qui un jour se réamorcent
Et nous font la grâce pour quelques secondes
de nous réinventer

GUEULES CASSÉES ED’ TRAVERS

GUEULES CASSÉES ED’ TRAVERS

On peut pas comparer
Mais c’est toujours la guerre
Toujours la même
Les gueules cassées ed’travers 1
Et toujours une autre

Mon grand-papa paysan devait revenir faire les vendanges de l’automne 14
Mais c’est lui que les Allemands vendangèrent
Quelque part en Belgique

Comme le soldat russe devait entrer à Kyiv
Comme dans du beurre en 24 heures
Mais c’est lui qui après avoir volé violé brûlé
Avale la chique d’une guerre
Où foisonnent les morts 1

Merde à la guerre et à sa connerie
Mais remerde à Poutine
Le petit gars du KGB
À qui l’on souhaite promptement
Que son bec trempe dans la bière
Et l’Absolut Vodka
Abreuvoir des connards
Qui pourrissent sous terre


1 Raymond Queneau L’Instant fatal

Petite fêlure Leila Martial
UN LÉGER COUP DE TALON…pour se dégager très très lentement…un léger coup une impulsion…un petit saut pour ôter de nos pieds un peu de leur lourdeur terrestre…virer tourner voler…mimant l’oiseau…nous élevant…juste ce qu’il faut pour oublier l’âme engluée…dans la boue des tranchées…

OUI MAIS L’ON RECHUTE…bouche en terre…et l’on en prend pour son grade…Dorio Bernard Jean soldat de 2° classe…matricule 03371…classe 1908…tué à le 1° novembre 1914…à Wytschaëte une section de la commune belge d’Heuvelland…oui mais l’on trébuche…la Toussaint était un dimanche…si le grand-père Dorio n’avait pas été fauché anonymement à 985,4 km de sa ferme natale…(selon ViaMichelin)…il se serait levé avec les bruits de son petit bout de campagne…les brebis le coq les bœufs…il se serait heurté aux premières neiges des Pyrénées….sa femme Eugénie aurait cueilli une brassée de chrysanthèmes…pour tresser sans le savoir la couronne mortuaire de son époux…

COMME FEUILLE SUR LA BRANCHE…avant qu’elle ne tombe…à la saison…qu’elle prenne couleur hyacinthe et d’or…et qu’elle aille rejoindre la tombe lapidaire…comme un leurre…une euphorie artificielle…laissant en terre le manteau de chair et de boue

ÉPHÉMÈRE PARADIS Encres Vives collection Encres Blanches Jean jacques Dorio automne 2003