JE SUIS LE SUJET POÉTIQUE D’UN MONDE PROSAÏQUE Je suis l’anamnèse de l’histoire d’une vie qui n’a rien de catholique Je suis l’écharpe de soie qui se souvient de nous1 Je suis ta vie perdue par l’incapacité de la médecine à guérir ton cancer Je suis le picaro venu de rien qui fait tous les métiers et retombe toujours sur ses pieds Je suis ces souvenirs personnels ou inventés où Moi n’est pas ma tasse de thé 1 Maurice Fanon
Category Archives: Poème du jour
SI PAR UN MOIS DE FÉVRIER DE L’AN 2015
Si par une nuit d'hiver, nous promenant dans nos paradis sans paradis, nous donnons le change sur le luth désaccordé de notre étoile morte. En naviguant jusqu'à la fin, sur le fleuve de l'oubli et des réminiscences. Aux voyelles passées à l’as Des enfants perdus des banlieues Enfermés dans leur drôl’ de sas Je laisse cette craie des murs De la Sorbonne et de Jussieu En cet hiver deux mille quinze Je JJ Dorio qui gît Aile arrachée pigeon berzingue Picorant mes pages d’argile Sur les maux de la société Je par ci Je par là Je co Gite Je suis René Descartes Je m’enflamme Je mets le feu Aux fausses lettres et au paraître En proclamant Je est un autre Je m’appelle Einstein on the beach Je suis la chaise de Justice Le coquillage millénaire Dans l'oreille des poésies Breton Soupault Bois et Charbon Je suis le poème rêvé Et la main en chair et en os Qui l’engendra sur le papier Et sur la peau du monde mort Qui renaît sur un coup de dés Je suis Nostalgie du présent Scansion rythme événements Mis à l’écart Mis en abyme
JE N’ÉTAIS PAS NÉ
JE N’ÉTAIS PAS NÉ, mais c’était mon futur père qui s’évadait en 1942 d’une ferme allemande, où il était retenu prisonnier, pour rejoindre la ferme où il était né en Ariège Je n’étais pas né, mais c’était ce poète florentin qui à la fin du XIII° siècle commençait le livre de sa mémoire par la formule Vita nuova Je n’étais pas né mais c’était ma mère qui broyait du noir et qui n’avait pas pour supporter son spleen la brassée de poèmes des fleurs du mal Je n’étais pas né mais c’était ce promeneur solitaire s’adonnant à des rêveries traduites sur le papier en dix chapitres dont le dernier est inachevé Et puis je suis né au printemps qui allait clore l’épouvantable guerre que l’amour des miens me cacha
LES MARTINETS NOIRS
LES MARTINETS NOIRS SONT EN VOIE DE DISPARITION comme les poètes d’aujourd’hui victimes de l’erradication des passeurs de poésie dans la presse et à la télévision Victimes de la récurrence des épisodes caniculaires qui mettent le feu aux arbres et à cette forêt de symboles que chantait le poète des Correspondances Victimes des rénovations des bâtiments qui réduisent les possibilités de se nicher sous les ardoises du toit sur lesquelles Reverdy écrivait (plupart du temps) ses poèmes


hypnographies détails 19/02/2023
L’INÉPUISABLE DU MURMURE
L’INÉPUISABLE DU MURMURE Entouré de livres comme un animal de gluant, de sec, de velours herbeux Comme un chaman de petites âmes rôdeuses de tabac liquide et de malades à réenchanter Entouré d’êtres chers qui dorment entre les pages On peut aussi lire à l’envers, à contre-sens des yeux d’un lecteur qui ne veut pas mal tourner Ou bien perdre le fil On peut lire à contre-courant, en amont de celui qui cherche l’inépuisable du murmure andré breton