CES JOURS D’AZUR ET LE SOLEIL DE L’ENFANCE

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Comme au bon vieux temps quand nous parlions littérature
-Et qu'est-ce que tu écris en ce moment?
Un petit roman sur les dernières paroles prononcées ou écrites par la main du défunt


Comme au bon vieux temps quand nous parlions de nos amours
En buvant un bourgogne de derrière les fagots
Sur un cassoulet façon mère Dorio

Comme au bon vieux temps quand nous parlions politique
Du matérialisme des superstructures
Et de la puissance des masses
Qui s'excusaient de ne rien comprendre à nos laïus


Comme au bon vieux temps quand nous chantions
à qui mieux mieux
le déserteur et le gorille ta Cathie t'a quitté
et ce fameux trois mâts fin comme un oiseau


Comme à la fin des temps quand nous ne parlions plus
pour cause de cancer du larynx
Mais que sur notre ardoise d'écolier nous faisions tinter nos craies
pour un dernier message : estos días azules y este sol de la infancia
« ces jours d'azur et ce soleil de l'enfance »


dernier vers qui dit-on fut écrit par Antonio Machado à Collioure

Rien n'était écrit
travail en cours

PINCEAU CHINANT SES CARACTÈRES ÉNIGMATIQUES

Tu repars de zéro Tu repars du néant
Tu ne fais que passer par stylo interposé ou par pinceau chinant ses caractères énigmatiques
Tu peins le passage avec légèreté et forces manières avec les formes de tes mouvements
Tu repars

Tu fais le départ entre dire et faire entre faire et laisser dire
Tu as deux faires au feu la parole et l’écriture
Tu dis stop
Tu prends congé de ta Muse qui trop abuse

Tu lèves la main
Tu lèves l’ancre et tu t’en vas couci-couça d’un dernier trait de plume
Jeter sur le papier tes derniers caractères imaginaires
Tes hypnographies

hypnographies JJ Dorio janvier 2025

Nous étions des enfants-étoiles, les enfants indigo, enfants au-dessus, élevés, incarnés et réincarnés. Vous vous moquiez de nous mais au moins pouvions-nous nous dispenser du chevalet de torture.

Jean-Louis Rambour BLEU ROI

HEURES EXQUISES

Il est une heure exquise à l’approche de vers

Forgés et publiés au siècle dix neuf

Par des magistrats, avocats, journalistes,

Disparus des radars aujourd’hui.

Pour l’un c’est la mémoration des corolles fanées

Pour un autre le charme amer des choses qui vont finir

Libres senteurs et francs maçons ils brisent volontiers pattes et vertèbres aux bourgeois

Aiment les dames de Paris trottinant par les boulevards gris

Et dans leurs vers à trous ils font chanter de l’ombre

DE L’IMAGINATION

L’imagination n’est pas contrairement à l’étymologie, la faculté de former des images de la réalité. Elle est la faculté de former des images qui dépassent la réalité, qui chantent la réalité.

Gaston Bachelard

DE L’IMAGINATION

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Vivre sans imaginer une vie autre c’est vivoter, mais l’imagination mise à toutes les sauces sans l’expérience de sa propre vie c’est une voie sans issue, c’est tirer de la poudre aux moineaux, prendre des lanternes pour des vessies, ne pas savoir à quel clou pendre sa lampe qui éclaire nos nuits. J’imagine qu’en disant tout cela je n’ai pas aidé mes dix-sept lecteurs qui ne sont pas tombés de la dernière pluie, même si passant entre les gouttes, ils ont tout loisir d’imaginer une suite et de l’écrire en vis-à-vis, noir sur blanc.

Rien n’était écrit

(travail en cours)

J’imagine Montaigne sur le cheval du temps à sauts et à gambades
J’imagine Mallarmé remodelant sans cesse son pitre châtié
J’imagine Tristan Corbière écrivant après chaque marée sur la plage des Amours jaunes
J’imagine Tardieu monsieur Jean qui danse le tango avec la Môme Néant

J’imagine mes amis Claude et Jacqueline l’une au jardin d’Alice poussant l’escarpolette du temps suspendu, l’autre faisant et défaisant sa cibiche de papier païs
J’imagine les Images que la lecture d’un poème nous donne et qui nous touche en profondeur parce que nous aurions pu les créer
être parlant et résonnant
J’imagine sans fin tant que vivrai
tant que vie vraie nous est permise en faits et dits
en chansons en accords
Et puis est-ce nous qui imaginons
ou sommes-nous imaginés ?