Par instants un pur poème
Un poème de l’instant fatal
Avec l’attention extrême
Au mouvement de la parole
Qui s’organise en l’écrivant
Jusqu’à minuit quand sonne
l’heure Je me souviens des
jours heureux et je pleure
UNE NUIT DE PERTES ET DE DONS
LA NUIT DES DONS ET DES PERTES
« La vérité est un miroir brisé tombé de la main de Dieu et qui s’est brisé
Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s’y trouve. »
Rûmi (un « soufiste » du XIII° siècle)
Je me perds dans Borges la nuit des dons – noche de los dones – brise le miroir et le masque –el espejo y la máscara –
Je me perds dans les mille morceaux de cette œuvre dont chacun semble contredire le précédent et le suivant, miroir brisé par le poing d’un dieu jaloux qui ne laisse aux lecteurs que les fragments d’une allure de vérité.
Je me perds à l’angle de la rue Bernardo de Irigoyen et de la rue des Bergeronnettes, de celles qui suivaient mon père laboureur, et que j’habite pour de vrai maintenant.
Je me perds dans les prologues qui mènent immanquablement au jardin des sentiers qui bifurquent et qui font pièce à des ouvrages hétérogènes d’écrivains improbables.
Je me perds dans les visions simultanées de l’Univers que le langage ne peut traduire que successivement :
la neige coiffant la statue d’un soldat de 14 sur la place d’Ancizan (Hautes Pyrénées),
les grains de sable du Sahara coulant dans le tableau d’un artiste marocain que j’ai acquis grâce à une amie galeriste de Sausset les Pins,
la voie lactée où marchent sans cesse les indiens morts de la Goajira.*
-Tu as bien vu tout en couleur ? me demande Borges.
-Oui j’ai retrouvé mon livre d’enfant où toutes les lettres pendant la nuit se mélangeaient et m’offraient au matin un chant nouveau.
*Le chemin des indiens morts Michel Perrin (1976)

Sablier des dons et des pertes
RÉVEILLEZ VOUS
Peut-être qu’après le vote de dimanche prochain
le 7 juillet 2024 deviendra une date funeste
la douce France aura plongé dans les ténèbres
du National Populisme
Peut-être pas
Le 8 juillet si vous n'avez pas voté systématiquement pour la candidate ou le candidat opposé à ceux du RN
Il sera trop tard
Citoyennes citoyens
Réveillez vous
LES MÉTAPHORES VIVES
Il fait plus clair ici que dans l’oeil du hibou
Et ton visage est un peu d’or qui brille au fond de la source
Trop de fleurs de rhétorique tressent des couronnes artificielles
La grande Ourse lave ses étoiles dans le Mississippi
Et les mots que j’invente sont des mendiants hagards
Ceci est un centon
1 Norge (2 juin 1898-25 octobre 1990) 2 … 3 …. 4 Robert Goffin (21 mai 1898-27 juin 1984) 5 Claude de Burine (19 septembre 1931-24 juillet 2005)
PRINTEMPS POUR UN AUTRE RIVAGE



Magnifique « livre d’artistes » qui vient de paraître au « Taillis Pré »
Merci au poète Jean Marie Corbusier inspiré par les encres de Dominique Neuforge