Ce peu de nous
Il se peut noue
Nos ressemblances
Avec nos discordances
Ni trop ni peu
Dans ce domaine
Où l’on joue
À qui perd gagne
Du corps ou de l’esprit
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Ce peu de nous
Il se peut noue
Nos ressemblances
Avec nos discordances
Ni trop ni peu
Dans ce domaine
Où l’on joue
À qui perd gagne
Du corps ou de l’esprit
Cette passante éphémère dont on rêve d’emboiter le pas
Cette vierge comme page qui va se vêtir d’un palimpseste amoureux
Cette brodeuse qui écrit des noms au fil rouge dans les marges de draps linceuls
Cette lectrice que l’on voit souvent lever les yeux entre deux vers des fleurs du mal
Cette collectionneuse de listes où les pensées se succèdent
Sans se confondre sans s’accorder sans s’assortir
En bordure et lisière de la grande forêt où passent des Symboles
et des Hypnographies

Lisant et écrivant je relie inévitablement
Je relie Proust et Borges Montaigne et Genette
Genette de la famille des viverridés
Et Gérard qui après avoir fait Figures I Figures II Figures III Figures IV
Plongea ses mains d’écriture dans le sac du bardabrac
D’où il retira classé par désordre alphabétique
Idées bonnes et mauvaises citations apocryphes
Apartés boutades souvenances enfantines
Lisant et relisant je me relie allègrement
À ces bougres de chercheurs indignes
Dont la formule insigne est :
Mettons que je n’ai rien dit
Ce commencement qui n’en finit pas
Commencer sans garantie d’aboutir à une écriture réussie qui nous transcende : un poème rythmé par un doute bienfaiteur
Comment c’est alors sur la page où l’on opère à cœur ouvert ?
Commencer ce tout petit massage ce message sur le sable que va effacer quand elle reviendra la mer