INVOCATION DES MUSES

Cette passante éphémère dont on rêve d’emboiter le pas

Cette vierge comme page qui va se vêtir d’un palimpseste amoureux

Cette brodeuse qui écrit des noms au fil rouge dans les marges de draps linceuls

Cette lectrice que l’on voit souvent lever les yeux entre deux vers des fleurs du mal

Cette  collectionneuse de listes où les  pensées se succèdent

Sans se confondre sans s’accorder sans s’assortir

En bordure et lisière de la grande forêt où passent des Symboles

et des Hypnographies

METTONS QUE JE N’AI RIEN DIT

Lisant et écrivant je relie inévitablement

Je relie Proust et Borges Montaigne et Genette

Genette de la famille des viverridés

Et Gérard qui après avoir fait Figures I Figures II Figures III Figures IV

Plongea ses mains d’écriture dans le sac du bardabrac

D’où il retira classé par désordre alphabétique

Idées bonnes et mauvaises citations apocryphes

Apartés boutades souvenances enfantines

Lisant et relisant je me relie allègrement

À ces bougres de chercheurs indignes

Dont la formule insigne est :

Mettons que je n’ai rien dit

COMMENCER COMMENT C’EST ?

Ce commencement qui n’en finit pas

Commencer sans garantie d’aboutir à une écriture réussie qui nous transcende : un poème rythmé par un doute bienfaiteur

Comment c’est alors sur la page où l’on opère à cœur ouvert ?

Commencer ce tout petit massage ce message sur le sable que va effacer quand elle reviendra la mer