

PSEUDOS
Il faisait des dessins qui prouvaient qu’il était quelqu’un d’autre, comme tout le monde.
Du temps de sa jeunesse au temps de sa vieillesse, quand, vers la fin, la vérité devenait plus étrange que ses fictions.
Il usait du pseudo Totor, jouant avec ses taches d’encre, ayant des aspects animaux.
Il s’appelait Maldoror produisant ses chants d’or et de purin.
Quant il se prenait pour Alvaro de Campos, il affirmait : Os antiguos invocaban as Musas, nos invocamos a nos mesmos.
Le plus riche de sens se nommait Ajar, signant le livre Pseudo, qui s’intitulait à l’origine, Pseudo Pseudo, ce qui avait provoqué le commentaire suivant de la chroniqueuse de Le Monde : « c’est la troisième apparition d’Émile Ajar, après Gros Câlin et La vie devant soi, à visage pseudo-découvert ».
Enfin venait le mystérieux Dorio, la trame d’une vie aux doigts d‘un tissutier.




