Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à chercher leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique » bibliothèque de Babel. »
Et, naturellement, si un lecteur inspiré ajoutait un troisième courriel aux deux présents, ce serait, pour l’auteur de cette petite série, gratifiant et inespéré.
JJ Dorio
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R.G. à A.T.
Je suis un comique juif et j’étais très connu jadis dans les cabarets yiddish : à Berlin, Varsovie et enfin à Auschwitz.
Un jour j’ai raconté une histoire tellement drôle à un autre détenu qu’il est mort de rire.
C’est sans doute le seul juif mort de rire à Auschwitz.
A.T. à R.G.
Dès son retour à Paris, il se mit à écrire la danse de Gengis Cohn, un récit pervers sur un homme, Moïché Cohn, un acteur de cabaret, clown lyrique, envoyé à Auschwitz.
Debout devant sa tombe, Cohn montre son derrière à l’officier SS qui va l’abattre, et lui crie en yiddish : Kiseh mir in tokhès. (littéralement, lèche mon cul !)
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R.G. (21 mai 1914-2 décembre 1980) Il se présentait lui-même comme un caméléon, usant d’un pseudo il obtint deux fois le prix Goncourt.
A.T.(25 mai 1957-….) Romancière polonaise, biographe de R.G. sous le titre Zongler : Le jongleur.