INUTILITÉS

En lisant j’aime écrire et surtout ce que le lecteur pressé nomme des inutilités. Simon Leys rapporte un des apologues de Tchouang Tseu où un magnifique arbre doit sa longévité au fait que son bois ne sert à rien. Heureux les arbres, comme ceux également de l’île de Norfolk découverte par Cook, impropres à tout usage de charpenterie. De même que ces écrits tracés sur le sable et que la marée recouvre régulièrement. Ça me va très bien disait je ne sais plus qui, l’océan retiré je recommence, je réécris un de ces textes fragiles, ludique, presque inutile, un souffle, un rien.

Martigues 6 avril 2024

RATISSER LARGE

RATISSER LARGE

un titre « liaison dangereuse » pour un artiste « voix du silence »

un titre venu par automatisme suite au dessin ci-dessus

en revanche j’aidais parfois mes parents à râteler le foin

loin des fleurs du mal on l’appelait le farouch en occitan

(trèfle incarnat en langue de Molière et de Ponge)

incarnat proche de celui qu’on ramasse au jeu de baccara

Ratisser ce qui n’est pas pour son action sur ce qui est

Ainsi ratisser reprend du charme : tous les signes venus d’Imagination frottés à Réalité sont bons à prendre à dessein

Red starasta comme on dit paraît-il en russe :

heureux de vous être agréable !

SONNET DU DIMANCHE 22 AOÛT 2022

Maman a mis sa robe blanche
Il a mis ses mains sur ses hanches
Deux pas de danse elle a souri
Le sax a fait vibrer son anche

Je relis Don Quichotte de la Manche
Réécrit à Nîmes par Pierre Ménard
Dans Les petites amoureuses je relève le mot éclanche
Un journal dit que les antivax sont des voyous et des malappris

J’écris à mon pote vieille branche
Qui habite Bayeux 33 rue Franche
C’est un lecteur fervent de Marguerite Yourcenar


Mon dernier tercet s’embranche
Sur la mémoire qui flanche
Doudoudidoudoudou un titre signé Rezvani



ON VA BIEN VOIR

on va bien voir

toujours en mouvement

c’est le secret du temps

vivre dans le présent en touillant le passé

on voit le feu follet

qui court au cimetière

devant la lame courbe du tranchant cimeterre

on voit les mots anciens

qui faisaient vibrer les poèmes :

parfum, poison, silence, bruit,

mort, vie

on voit tous feux éteints des visages innombrables

on n’y voit rien

JJ Dorio 26/09/2023 23 :00