Ainsi sans doute en des temps reculés des sages de l’Empire du Milieu, portés par les fumées efficaces issues d’une fleur, croyaient entendre la musique des Phœnix traversant les airs.
Henri Michaux
En passant, comme on pourrait dire, hors de la pression du monde, et sans raison garder.
En passant, détaché, dans un émerveillement de lecteur de l’intemporel.
De tout petits caractères défilent que l’on ne saurait retenir.
Ce sont, s’il fallait faire l’essai de les nommer, des charmes, des notes inconnues et sans paroles, pour l’oreille qui voit des Phœnix traversant les airs.
poésie mode d'emploi 06 novembre 2011
L’AMOUR DES SCRIBES
Un peu de scribe encore
et de Magdalénien
Du chaos que l’on s’applique
à sublimer
en ces fleurs
de reconnaissance
Sur la grotte le papier
le roseau de Camargue
ou du Nil
L’amour de bien tourner
la plume et le calame
Et puis on se relève
pour danser sur cette âme
le cœur près de son pied…
posté sur poésie mode d'emploi le 6 novembre 2008

Hypnographies (calligraphies rêvées) une pratique de jean jacques dorio
LE VIN PROFOND
Le vin est bon Le vin profond
le vin du jour nouveau
du jour vierge de sens
sur ses pas d’oiseaux de nuit
Le jour est bon Le jour profond
le cri du coeur le cri du miel
qui sort de la bouche d’Amstrong
soleil plus lumineux que le soleil
cri de lumière et de joie
La joie est bonne La joie profonde
de Spinoza de l’alouette
et du verbe de chair
et du sel de la vie
La vie est bonne La vie du bond
vers le jour nouveau
à goûter dans le secret du temps
que l’on ne sait dire
LE VIN PROFOND est un recueil de poèmes de Norge
6 novembre 2007 sur poésie mode d'emploi
EL CALLAO
EL CALLAO
Sur le port d’El Callao (Lima) les pélicans sans langues nous piquaient le poisson mariné (el cebiche)
Ça faisait rire beaucoup la petite mère des Indes et des survivances
Quatre siècles après l’arrivée des cochons d’Extremadura : les mêmes qui les livraient aux chiens quand elles se refusaient
Les mêmes qui ont leur statue sur les places civilisées de l’Espagne
Qui aiguisaient leurs épées aux pierres du río Urumbamba pour mieux trancher dans le vif de la chair des Autres
Avec la bénédiction du Saint Père des Massacres
Poésie mode d'emploi 06 novembre 2006
TRILLES D’UN PINSON OCTOGÉNAIRE
Automne chère inflexion
Ses sanglots longs mais sans violons
Les mains coupées sur la pelouse
Octobre son souffle premier
Comme l’art des grands imagiers
Peut-être un jour serai-je octo
Génaire, écrit le pinson,
Pour d’octobre faire mes trilles
Octosyllabiques, au bic.
L’ouvrage sera malhabile,
Comme l’enfant qui son premier
Homme dessine. On dirait
Une aubergine, un monstre inquiet.
On dirait un bonhomme de neige
Dans l’ornière d’une forêt.
.
Le vers revient à son village,
Où les vieux habitants masqués,
Assis au soleil, sont glacés.
- Vraiment il ne réchauffe plus !
Vraiment ce sont des crustacés
Avec leurs pattes kafkaïennes
Et leur grinçant stradivarius.
.
Le vers est scène de théâtre,
La bande-son, cris de mouettes,
Jonas l’enfant chante un refrain
Sorti de son joli museau
De loup. Une berceuse, un doux
Frou-frou. L’envoûtement vaudou,
Le baobab de l’alphabet.
.
Pour conjurer les noirs hérauts,
Le vers zigzague dans la foule,
Sème au hasard du carnaval,
Des oursins et des gants de femmes.
.
Le tourbillon se perd ici.
Sur la page des feux follets,
Le Tout-Monde s’est déployé.