ON N’Y VOIT RIEN

Dorio (détail)

ON N’Y VOIT RIEN

On n’y voit ni le rococo, ni T’es rock Coco!

On n’y voit ni le Néant, ni le néon du Christ Roi.

On n’y voit rien que quelques lignes noires

pigmentées de rouge acrylique.

On n’y voit rien que Daniel Arasse, normalien,

ancien membre de l’École Française de Rome.

On n’y voit qu’une longue lettre à una cara amica,

sur le thème du Serio ludere,

son goût pour le rire sérieux.

On n’y voit qu’un dessin maladroit, anonyme, boiteux.

On n’y voit que ce que l’on veut bien y voir

(même les yeux fermés) :

le regard d’un escargot,

la petite chouette qui hululait au grenier,

au-dessus de ma chambre d’enfant,

un écureuil, une zibeline,

et, en dernier ressort,

l’œil de Dieu.

UN ANGE PASSE

Un ange passe, un imposteur, issu des lettres d’un livre pieux.

Des moutons paissent sur nos insomnies que l’on compte depuis notre pieu.

Un cauchemar nous prive, lors, de nos pièces d’identité.

Nos cartes sont rebattues.

Qui sommes-nous?

Ange ou démon.

D’où venons-nous?

Des grottes de l’Ariège ou de la glotte de Lacan.

Où allons-nous?

Nous enterrer définitivement dans une crypte

ou nous régénérer dans un cryptogramme?

Au réveil, nous ouvrons en grand portes et fenêtres, afin d’expulser les fantômes de l’ange.

Sur la platine passe Angel eyes, un standard de Johnny Mathis,

A new sound in popular song.

LA NUIT ÉCRIT

La nuit écrit

Les lignes s’accumulent

en ce sacré dormeur

qui fait don à la poésie

d’un sonnet boiteux

.

C’est à Londres qui fume et crie

Et dans un estaminet de la Pampa

Où roulent ivres morts

Quatre gauchos perdus

.

Le poème trébuche

une dernière fois

Puis se repose

Ni vers ni prose

;

POÈMES PAR COEUR

et pour la voix

(en cours d’écriture)

JJ Dorio

VARIANT VA RIANT !

VARIANT VA RIANT !

Sur un thème connu me voilà variant
Mariant la contrainte avec la fantaisie
Dans la nuit solitaire triste oiseau se riant
De l’amour malheureux plantant ses banderilles

J’accumule mes plaintes mes peines et tourments
Je me perds dans les bois de ces amants d’Ovide
Transformés en tilleul en rameaux de gourmands
Sur la barque d’Amour je rame dans le vide


Quand finit ma complainte la nuit et le silence
Me laissent démuni passereau solitaire
Je refuse pourtant tout ce qui me fait taire :

L’absence de désir le malheur la souffrance
La langueur de mes rimes mes belles adversaires
Dernier vers Ô Lecteur en absence…Va riant !

Sonnet écrit avec l’aide de La Roque (Siméon Guillaume) vers 1551-1611

poèmes par cœur

et pour la voix

(série en cours d’écriture)

JJ DORIO