Ce peu de nous
Il se peut noue
Nos ressemblances
Avec nos dissonances
.
Ni trop ni peu
En ce domaine
Ce corps d’une idée
Qu’est un vers
.
Une nuit noire
Comme l’encre
Qui a donné
Ces deux pages

Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Ce peu de nous
Il se peut noue
Nos ressemblances
Avec nos dissonances
.
Ni trop ni peu
En ce domaine
Ce corps d’une idée
Qu’est un vers
.
Une nuit noire
Comme l’encre
Qui a donné
Ces deux pages

Le café du village où dans un nuage de fumée de tabac gris je faisais le concours de belote les nuits du samedi ayant pour partenaire Denis le cantonnier
Un bar de Buenos Aires le 14 juillet 1970 (précisément) un livre de Borges sur l’argot porteño (le lunfardo) sous les yeux
Le croisement des boulevards Martin Luther King et Malcom X à New York (opposés par les moyens de lutte, réunis par leurs tragiques assassinats)
L’Alhambra de Granada et le bruit de ses fontaines patio de los naranjos y patio de los leones
Et, pour de faux, ce Nil inventé sous forme de tautogramme : Nos Nils noient nos nuits nées neiges noires
« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros
Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.
Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.
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TOMBEAU DE JACQUES RÉDA
Sans jamais l’assombrir comme une pure offrande : un Présent
Belle hécatombe de mots
C’est enfin leurs fins
Dans les bras d’un sommeil
Que l’on dit éternel
La fête est finie
Mais les malheurs aussi
On vide les tiroirs
De tes cartes postales
Quelques tickets d’un bal
Ou d’un concert de jazz
Tu as fini aussi crédule
Et tendre sous l’écorce
Qu’un gosse des faubourgs
Que l’on voit siffloter
Le requiem de Fauré
Entre les pages d’un album
Où quand vient notre tour
C’est toujours tout le monde
qui meurt… mais pas nous
COMPRENDRE
Apprendre : se familiariser avec, pister, enquêter, essayer, induire, par analogie, découvrir – comprendre peut-être, mais jamais en général, toujours relativement à une question, une préoccupation ou une situation.
Henri Michaux
Comprendre la folie Comprendre l’idiot du village (nous avions le même prénom) Comprendre les sophisticated lady et les simples d’esprit Comprendre le premier qui dit la vérité…il doit être exécuté (Guy Béart) Comprendre Galilée condamné par l’Église pour hérésie pour avoir tenu cette fausse doctrine du mouvement de la Terre et repos du Soleil Comprendre les fous littéraires et les artistes de l’art brut bricolant leur grand œuvre enfermés entre quatre murs Comprendre Jean-Pierre Brisset auteur de la grammaire logique qui démontre au moyen de calembours que l’homme descend de la grenouille et que ce batracien parle français Comprendre que Nuit est un mot lumineux et que Jour est obscur Comprendre les farfadets les elfes et les follets Comprendre les djinns : Murs Ville et Port Asile de Mort Mer grise où Brise la Brise Tout dort Comprendre Hugo Victor Comprendre l’heure qui se fait Sirène et qui nous leurre Comprendre Ulysse charmé par leur chant sublime mais qui grâce à sa ruse leur résiste Comprendre le monde des Livres qui nous délivre ou nous réduit à n’être que livresque Comprendre l’ivresse des cimes Comprendre l’amour fou d’Union libre : Ma femme à la chevelure de feu de bois Ma femme aux pensées d’éclair…(André Breton) Comprendre le testament de François Villon Je plains le temps de ma jeunesse Auquel j’ai plus qu’autre galé (amusé) Comprendre les deux testaments de Brassens la Supplique et la Camarde Comprendre et à tout prendre accepter de ne pas comprendre…Mais sans répit tâcher d’y voir clair
Sur poésie mode d’emploi le 4 juin 2021
Ne croyez pas que je me joue
Mêlant mes vers présents du jour
À la grande mêlée sur la toile
Ne croyez pas que je me poile
À hasarder plume lézarde
Dans la confusion d’internet
Et que le feu de la langue vous arde
Si ne savez combien d’amours se jouent
Dans la moindre pièce donnée
À lire et à goûter en vers mêlés