TOURMENTS DE CEUX QUI FONT SONNETS JE N’AI



Tourments de ceux qui font sonnets je n’ai
Je connais bien leurs règles que j’applique
ou pas Quant au public je n’en ai pas
Ou si peu que peu me chaut de lui complaire

Écrivant méditant je ne cherche rien d’autre
Que la surprise l’éclair le trait le clou
Qui déchirent l’espace ma page qui font coucou
à Protée à Orphée et qui se rient de nous

Ainsi en ce moment couché sur l’herbelette
fictive de mon poème J’ouïs le rossignol 
et l’alouette qui jargonnent fredonnent
leurs hymnes langoureux mêlés à leurs plaintes
d’être non écoutés par leur ingrate maîtresse
qui préfère dormir paresser… ignorer leurs prouesses

avec Ronsard (Continuation des Amours)


EN VOITURE VINCENT !

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En Voiture on voit des jardins embellis
D’innocentes beautés et de chastes nymphes
V.V. amusait ainsi la galerie
de l’hôtel de Rambouillet Bons mots et guinche
Un coup rendant hommage au teint de Phyllis
Un autre offrant à Flore des roses et des lis

Quand et quand (en même temps) il s’amusait
À rimer Ordonnances pour un festin
Toute liste de mets et de mots nouveaux
Pour nous soûler : pluviers, cailles et perdreaux,
Fruits entassés à monceaux, et pour la fin
Chansons dizains ballades contes rondeaux
Avec pour faire mousser cette musique
Un broc , que dis-je, un tonneau de vin qui pique

En lisant Vincent Voiture (1597-1648)