Préparer (toujours à trois) et faire faire faire un atelier d’écriture poétique estampillé GFEN à la Bugade de Villeneuve les Avignon dans une clairière de Viazac (Lot) sur les pavés de la place Jean Jaurès de Martigues et ailleurs
quatorze
Écrire
À sauts et à gambades publié dans la collection Encres Blanches (n°402) d’Encres Vives
quinze
Écrire Séparés en mille morceaux la poésie nous répare des pieds jusqu’à la tête 514° Encres Vives et mon dernier opus après la disparition de Michel Cosem (ce dix juin 2023) l’inspirateur et le maître d’œuvre de cette collection de poésie à nulle autre pareille
seize
Prendre le « train des indiens » de Cuzco à Machu Picchu et grimper au Wayna Piccchu la montagne qui surplombe le site inca
dix-sept
Visiter les grottes de Niaux (celle que fréquentèrent et qu’ornèrent les préhistoriens) et celle de Lascaux (sa réplique faite par des artistes contemporains)
dix-huit
Lire à haute voix Rimbaud à plus de trois mille mètres d’altitude parmi les frailejones une plante haute en couleur des Andes vénézuéliennes
photographier une mola en noir et blanc pleine d’animaux fabuleux
envoyée par lettre le 18 janvier 2002 par mon ami Michel Perrin
qui était en train de composer et d’écrire « Tableaux Kuna »
son grand livre d’art en hommage aux indiennes de cet ethnie
des îles San Blas sur la côte nord du Panama
Recopier un extrait de la lettre qu’il m’écrivit :
« Mais serai-je capable d’exprimer tout ce que j’ai envie de faire ressentir :
le temps long indien et surtout une esthétique tellement magique «
Enregistrer 3 cd de chansons de mon cru au studio du Petit Mas à Martigues (la Venise provençale) où je vis
huit
Assister au concert de Charlie Mingus assis tout près du maître et de ses musiciens dans l’amphithéâtre en plein air de Châteauvallon (sur les hauteurs de Toulon)
neuf
Jouer au jeu de barre (mon préféré) dans la cour de mon école située sur une place de mon village natal
dix
Passer sur le billard (la table d’opération) pour qu’un chirurgien (jamais le même) enlève diverses pièces de mon anatomie : l’appendice, la vésicule biliaire, la prostate
onze
Assister au meeting d’Alvaro Cunhal le leader communiste portugais dans un théâtre à l’Italienne durant la Révolution des œillets
douze
Prendre le bain de minuit à Sitges (Catalogne) et à Santiago de Cuba
faire un dessin dans la rue de New York City le 14 juillet 1971
Complément écrit sous une autre forme : mille et un fragments d’une vie…(texte en cours)
992 OBSTINÉ Obstiné ? Obstiné ! Rigoureux ? Si on veut. Plutôt dans le couple en tension, passion des mots et, après coup, essai de précision. Obstiné. Dans le va-et-vientdes rencontres qui remettent tout en question, les « conteurs » à zéro. Obstiné. Dans ces inscriptions manuscrites qui couvrent mille de mes carnets, écrits aux Halles de Paris, au marché de Cuzco, dans le métro de New York, le tube londonien, devant un lac des Hautes Pyrénées (un atelier d’écriture du GFEN), dans la case de mes hôtes amérindiens, et bien ailleurs. Obstiné. Tout ça, au fur et à mesure, ayant tendance à s’oublier. Passage aux oubliettes, dans les impasses du labyrinthe des causes perdues. OstinatoRigore. Laissant la ricorée de l’âme à ceux qui n’aiment ni le fort de café, ni le for intérieur. Le poème véritable résiste à l’indifférence comme à la louange. Liberté sur parole : libertad bajo palabra, comme écrivait Octavio Paz. Cherchant obstinément à répondre à « l’étrange appel » : comme la promesse qu’il existe autre chose, réalisable par l’art sans doute, que le néant des plaisirs immédiats et des jours Marcel Proust
Maintenant c’est un autre-que-moi on dirait qui écrit ces lignes avec ma seconde main droite -puisque je suis droitier- ou peut-être la gauche, la plus gauche des deux, qui veut entrer dans la partie, la partie fabulatrice qui n’enseigne point mais raconte Oui, c’est un autre-que-moi qui se lance à l’assaut de ses (j’hésite) : ses hétéronymes, version Pessoa, ses fantaisies– voire fatrasies, ses écritures de seconde main (toutes faites de citations) ou ses exercices d’écriture quotidien, tout simplement. L’autre que moi, l’ogre à part moi, c’est eux et elles, ceux et celles que je lis, comme nul autre pareil, la nuit dans mon lit (Lili aime-moi ! écrit Maïakovski avant de faire couler la barque de sa vie) L’autre-que-moi c’est celui qui entre de plain-pied dans son écriture, résolument et sans tourner autour des procédés rhétoriques qui consistent à s’attirer la bienveillance de son lectorat en se faisant pardonner par avance la faiblesse de ses propos, captatio benevolentiae –terme consacré que je recopie d’autant mieux que l’école publique ne m’a pas fait cadeau d’un enseignement de latin-. L’autre que moi, pour faire un contre-pied à ce trop long paragraphe c’est l’Amiel de son Journal intime : J’entrevois, j’entrebaîlle, j’entreprends mais je n’entre pas.