IL EST MINUIT

Il est minuit l’heure de la bascule le jour d’après du calendrier va commencer mais un mauvais plaisant m’envoie ce conte glacé : il est zéro heure zéro minute zéro seconde inutile d’ajouter zéro espoir

J’ouvre mon iPad qui ignorant Jacques Sternberg affiche : c’est l’heure de bloguer sur poésie mode d’emploi

Blague à part je blogue donc

Le poème c’est celui qui est malade de se voir entouré de malades et qui joue au docteur en même temps

Qu’il soit midi le juste

Ou minuit présent

DEUX VOIX SANS PERSONNE

-Qu’en penses-tu ?

-Mais de quoi donc?

-Mais de la Bête!

-L’Apocalyse ?

-Non, le Poéte.

-Bien trop abstrait !

-Mais tu l’as lu?

– Je l’ai passé au peigne fin.

-Mais il est chauve!

— C’est une image.

-Oui de même que

Cet échange mystérieux

Sur poésie et vérité

-Empreinte du daimon de Socrate

Qui le faisait planer

(Mais ceci est une autre histoire)

J’ÉCRIS POUR VOIR

J'écris pour voir
Ce que spontanément
Je ne vois pas
.
Ce qui finit
Au bout du processus
Par me détendre
.
D'abord je lis
Les yeux fermés je lis
Dans mes pensées
.
Elles sont nulles
Il faut les réveiller
À petit feu
.
Et peu à peu
Faire changer la place
de mes idées
.
J'étais couché
Je suis assis genoux
pliés j'inspire
.
Inspiration
Expiration j'y vois
soudain plus clair
.
Béatitude
La vertu elle-même
dit Spinoza
.
Tranquillité
Le poème se lève
Il est léger
.
De bas en haut
IL a suivi la loi
D'intégration
.
Un lumignon
Refus d'obscurité
De pensées serves
.
Il est fini
Je l'ai fait lentement
Heureux de mettre
Le point final



.

L’INVENTION D’UN POÈME

Ce poème n’a aucune réalité préétablie

(ce ne sera même pas si ça se trouve un poème)

Mais j’aurai à nouveau fait l’essai

Relié ce qui est séparé :

les cloches qui sonnent sans raison

l’oiseau qui ce matin chante Messiaen

et les mots automatiques qui fatiguent ma plume :

essaim

éclaircie

hypnographies

Tout ce qui évolue dans l’invisible

Et qui fera l’objet sur ma page prochaine

D’une version autre

Meilleure…ou pire