UN POÈME À TES LÈVRES

Un poème à tes lèvres

Dans la nuit de tes livres

Au secret à l’index

Suivis par une poignée

D’amoureux fervents

Et de savants austères

(Baudelaire dixit)

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Un poème des Voix-Autres

Sous le feuillage de l’aubépine

Sotz folha d’albespi

Le bel épi la belle graine

Dans la bouche des chamans

Suivant l’aurore des paroles

(du bon Gaston Bachelard)

.

Beaucoup de toi

Un peu de nous

Avec le temps

Qui a passé

Sur nos jours

Qui meurent avant nous

(Châteaubriand l’écrit)

.

Un poème étincelle

Dans la forge du Romancero

Gitano de pura sepa

Sur l’enclume

Où la lune

Met ma rime à larme

(conclut Charles d’Orléans,)

UN POÈME COKTAIL

Pour Jean Louis

J’en ai tant vu, tant regardé, tant lu et tant écrit

Des nuages de poèmes où l’encre se glisse

faisant des lettres qui éclaboussent la page

La page tu vas voir celle-là qui fait croire

à la traversée du fleuve de l’Eternel Retour

Retour sur la nuit revenante, la nuit

Que tu avais encor poète en point de mire

Et maintenant me voilà dormeur du val

Plagiaire anticipant le petit bal perdu

Les yeux au fond d’un verre d’un cocktail

fait d’angostura et d’un zeste de Nostalgie

Italiques un titre de Jean Louis Rambour

à qui ce poème de guingois (il me pardonnera) est dédié

L’ÉTAT POÉTIQUE

On ne fait pas de poèmes. Ce sont les poèmes qui nous font.

Borges écrivant el hacedor, affirme que nos existences sont traversées d’êtres de fictions : la rumeur d’Odyssées et d’Iliades.

Mais, ce qu’éprouvait ce témoin de poèmes en train de se « fabriquer », (lecteur et auteur tout à la fois), nous n’en saurions jamais rien.

Borges connaissait son Valéry : « un poète n’a pour fonction de ressentir l’état poétique. Il a pour fonction de le créer chez les autres.»

C’est à l’autre écrit-il que les choses arrivent.

Moi, j’arrose mes plantes que l’été malmène, puis je bois le café noir sur la table d’eucalyptus, où je prose ces vers.