Dans la maison d’école, tandis qu’au dehors il pleuvait des cordes, on écrivait à la craie sur nos ardoises le beau temps de la vie.
JUSTE UNE PHRASE XII
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Dans la maison d’école, tandis qu’au dehors il pleuvait des cordes, on écrivait à la craie sur nos ardoises le beau temps de la vie.
JUSTE UNE PHRASE XII
Quand ça va trop vite il faut s’arrêter
suspendre nos activités casser le
rythme effréné pour souffler
cesser de parler quand tout est
dit et singulièrement arrêter d’
écrire nos fadaises à nos corres
pondants X Y Z
.
Le monde alors s’allège le silence
s’installe nul mot ne vient s’ajouter
au vacarme quotidien des mégapoles
on est muet
Silence sur toute la ligne
Je fus enfant
Fan de mille jeux imaginaires
(j’étais fils unique)
ou collectifs
avec les copains du village
.
Bien des lustres après
Je continue
Nuit après nuit
Nuits d’Idumée
Nuits d’un enfant
Aux cheveux blancs
Qui oublie son âge
Imaginairement
Je suis moi
(pas possible !)
Je suis tu
(du verbe taire)
Je suis il
(sur l’île d’elle)
Je suis nous
(pateaugeant
dans les noues)
Je suis vous
(vosotros y ustedes)
Je suis elles
(ailes d’anges
en grand danger
d’être plumées)
Tout ce qui est éternel dans l’instant
Tout ce qui accompagne son écriture
Une nuit de pleine lune
Le galop d’un cheval bai
(dont la robe est alezane
précise le dictionnaire)
Tout ce qui est éphémère dans l’éternel
L’usure des langues de Babel
Le conflit de l’oeil et de l’oreille
devant un vers pensé par Mallarmé
Tout ce qu’on tire de toutes ces nuits
Où maya l’illusion
Nous met des bâtons dans les roues
Nous fait perdre le fil
L’innocence primitive
Nous rend incapable de boucler
ces lignes présentes