Sur la terrasse un petit air du soir
Fait se mouvoir les feuilles de vigne
Accrochées à la pergola
Et les bignonias
Tu écris sur une feuille qui traînait
Posée sur la table en bois d’eucalyptus
En haut c’est le ballet des gabians
Et le premier martinet
Que tu n’aurais pas aperçu
Si tu n'avais rejoint ton hamac bariolé
Tissé en Ecuador
C’est le soir
qui s’attarde
el atardecer
Dire mieux
Tu ne sais
PAS À PAS DANS LA NUIT
Pas à pas dans la nuit
Un chat guette son ombre
Mais il se tromp’ de nuit
C’est une nuit sans ombre
C’est une nuit d’éclairs
De soleils et de bals
De jazz au Chat qui pêche
Et de java aux Halles
C’est une nuit d’juillet
De Jules et de Juliettes
Et de drôles de zèbres
Que Van Gogh peint en Arles
Pas à pas dans la nuit
Ces lignes ont bougé
Mais l’Histoire ne dit pas
Comment les achever
Ce n’est pas le sujet
Dit jeunesse qui roule
Et qui chante Mimi
Où ça ? A Bastille et en foule !
JE RÊVE DE L’AIL DES OURS
RÊVES EN PAGAILLE 6
Pagaille de rêves Rêves d’un pagaious
Je rêve de l’ail des ours dont j’ai lu hier dans un grimoire les vertus magiques
Je persuade je-ne-sais-qui d’en cueillir une fleur et de la porter sur sa poche ventrale (elle a une salopette) pour préserver l’enfant à naître
Je rêve de mon petit fils tout petit à qui je donne la main dans un chemin forestier La neige tombe soudain d’abondance et nous voilà sur des skis lui avec un casque noir moi le protégeant derrière lui
Je rêve que je vois des rayons multicolores qui tombent du ciel féériquement
Je veux faire partager le spectacle à ma fille P. qui me dit : Mais papa c’est déjà sur le « 1 » le journal qu’on déplie comme un dazibao
Je rêve de la grande salle de l’Université d’Oxford où des portraits montrent le docteur Dodgson alias Lewis Caroll
Je rêve d’Harry Potter dont le premier tome traduit en français vient de paraître et que je fais lire à mes élèves du collège
Je rêve d’une corrida à Séville où Jo à côté de moi agite son rouge éventail je lui crie dans le tumulte de la feria : Enfants voici les bœufs qui passent Cachez vos rouges tabliers…Victor Hugo
TU ÉCRIS
Tu écris en buvant l’eau de la fontaine du Grand Oubli
Tu écris sur un bloc de cire vierge de toute poésie
Tu écris dans l’odeur âcre des derniers feux
de Mai 68
Tu écris le poing de la révolte transformé en main ouverte sur la fraternité
Tu écris plus lentement qu’un escargot de Prévert
allant à son enterrement
Tu écris : la suite au prochain numéro
Ce qui compte c’est ce qui est écrit
Le reste c’est zéro

pour faire de vieux os
faut y aller mollo
Dorio 14 juillet 2026
LA NUIT EN DIX QUATRAINS
La nuit
comme rencontre
du sommeil
sans sommeil
La nuit
comme l’écart
du Corps
et de l’Esprit
La nuit
comme ton âme
en allée
dans ta nuit définitive
La nuit
comme ta grâce
ignorée
des miroirs
La nuit
comme les flaques
de la mer
sur le sable
La nuit
comme une écharde
dans la main
du silence
La nuit
comme un sentier
dans la voie lactée
des indiens morts
La nuit
comme les clefs
qui n’ouvrent
aucune porte
La nuit
comme la perte
des songes
et des promesses
La nuit
comme l’encre noire
qui a tracé
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13 JUILLET 2025