SOS COVID


SOS Covid
SOS se vident
Le stade et l’arène
Le forum
La fête foraine

SOS Covid
SOS on peine
à reprendre la main
en parlant dans un masque
pour sonner le tocsin
Persona per sonare

SOS Covid
Personne pour guérir
La vie des Trépassés
L’amour des traits passés
Sur un bristol de deuil
Sur les feuilles de nuit
Écrites au galop
Comme un malade

SOS Covid
SOS Maladeta
Sur les chemins de pierre
Où les cœurs essoufflés
Se ferment et se bronzent

SOS Covid
Trop d’egos
Trop de vide
Dans les paroles 
Des gens de télé
Et des spécialistes

SOS Covid
Le vide et l’énergie
Le lâcher prise
Le savoir de ne pas savoir
Le retrait
L’indicible

RADEAU DE PAPIER





Il faut essayer
Voir ce que ça donne
Radeau de papier
Qui vous aiguillonne
Vous embrouillamine
Rameaux et ramilles

On s’amuse même
Avec Jean Philippe
Les Indes galantes
Les Forêts paisibles
Le Baroque en fête
Le luth le théorbe
Cornet à bouquin
On danse soudain

Puis le cœur s’apaise
Fibres vibratiles
Diastole systole
En bon équilibre

Ça ne veut rien dire
Note le docteur
Il ne saisit pas 
La vague du texte
Qui a fait voguer
Radeau de papier

manuscrit avec un ajout « sans plaisir il n’est pas d’art »

MARQUISE






-Alors Madame la Marquise
Vous sortez toujours à cinq heures du soir
Et tout va toujours très bien ?
-Faut croire cher Monsieur
Puisque vous l’écrivez.
-Et faut-il toujours croire ce turlupin
Qui prétendait sur l’air des lampions
Madame la marquise m’a foutu des morpions !
-Un plaisantin ce monsieur Brassens

C’était juste un coup de trompette
Pour exciter le peuple et les folliculaires
-Ah ! la la ! et ce vilain Corneille
qui sur ses vieux jours crut vous séduire
en prétendant que vous alliez vite faner
comme les roses de Ronsard.
-Tous deux ont trépassé mon cher
Et moi je me porte toujours comme un Ange.

L’ÉTRANGE VÉRITÉ DE NOS FICTIONS


Il était vieux, la vérité était devenue plus étrange encore que ses fictions…

Salman Rushdie Quichotte


Je tisse un canevas
De Commedia del Arte
Je lis Casanova
Franc-maçon libertin
Poursuivant sur Arte
Gentes dames et catins

Une fille sous le pont
Exalte la rime d’Hugo
Ô lavandière incendiaire
Dit-il frais barbouilleur
C’est léger gai et tendre
C’était du temps que j’étais jeune
Ecrit-il avec maladresse

Vieil homme Sois indulgent
Et si tu en es encor capable
Sur ta lettre à la bonne adresse
Ecris donc un post-scriptum



l’étrange vérité

À CONSOMMER NI TROP NI PEU



Faut pas en dire plus
Cacher les mots sous la cendre
Son crâne rempli de poèmes
(Une image de Maïakovski)

Faut dire adieu à la rime
À la vision crépusculaire
Rencontrée sur le boulevard du Crime

Faut dire Adieu à Nerval
Retrouvé pendu à un réverbère
Rue de la Vieille-Lanterne

Faut en finir avec la desdicha
-le mal/bonheur-
et le desassosego
-l’in/tranquillité-

Ou bien les consommer
Ni trop Ni peu