LA CHUTE DE LA MAISON RUSSIE

D’ailleurs, ne soyez pas offensée de ce que je dis de la Russie. Même en laissant de côté le point, trop long à discuter, de sa politique actuelle, vous savez que je resterai toujours fidèle à la Russie de Tolstoï, de Dostoïevski, de Borodine. Marcel Proust lettre à Mme Scheikévitch
Le plus tôt sera le mieux
 
 
La Roue de Fortune, poussée par les basses œuvres du tsar du Kremlin, dégouline du sang des enfants de l’Ukraine
 
Avant qu’elle ne retombe, écrasant le tyran, arrachant ses mensonges et entraînant la chute de la maison Russie

Dans l’ère plénière du langage s’intègre la durée d’une parole d’homme. Et l’homme de langage s’avance encore parmi nous. Il couvre du regard le temps des morts et des vivants. A l’empire du passé il joint l’empire du futur, où court son ombre prophétique.

Saint John Perse



HOQUETS ET RIME ÉQUIVOQUÉE

Dans mes poèmes j’avance si lentement que je rends souvent page blanche

Me promenant rêveur entre les lignes
Ou posant fier comme un dernier Abencerage
(un rappel si je ne m’abuse de Chateaubriand)

Dans mes poèmes blablabla
Où je m’embarque sans biscuit
À l’heure du berger
Au milieu de la nuit

Bâtons rompus entremêlés
Un dernier coup sur la peau de mon tambour
Ratapampan 
Derniers hoquets
Ultime rime équivoquée



LA MAIN SECONDE

…effleurer et pincer par la tête ou par les pieds tantôt un auteur, tantôt un autre ;
nullement pour former mes opinions ;
mais pour les assister piéç'a (depuis longtemps) formées,
seconder et servir.
Michel de Montaigne

Vivre de peu de chose
Accoudé au balcon de sa nuit sauvage 1

Vivre de ces citations glanées
par un guetteur placé à la plus haute cime 2
Celle où il s’interdit de tourner son regard
vers la mer 
cet horrible papier de verre
qui gratte les rochers,
les corps et les âmes 3

Laisser courir cette plume d’un pays inconnu
Qui décortique chaque voyelle de son nom interdit 4 

Vivre de ces images innocentes, imprévues,
puisées dans des livres absents depuis belle lurette
de  toute librairie…


La main seconde est une étude sur les citations d’Antoine Compagnon
1 Julien Gracq (nom de plume) 1910-2007 2 Hubert Juin (nom de plume) 1926-1987 3 Jean Giono (1895-1970) 4 Paol Keineg (1944-    ) 







L’ART DE LA DESTRUCTION


Aucun pays n’a mieux maîtrisé l’art de la destruction de l’âme de ses citoyens que la Russie.

Joseph Brodsky 1


Les bonnes raisons de faire la guerre sont toujours mauvaises.

Dans la tête du petit fonctionnaire soviétique du KGB devenu Espion en Chef et Maître Sans Vergogne de la Russie,
C’était le moment de déclencher son « opération spéciale » : une bonne petite guerre pour purger les voisins ukrainiens de leur passion démocratique tournée vers l’Union Européenne.


Et à la fin, on éventre les immeubles, on détruit théâtres, hôpitaux et maternités, on affame et on prive d’eau les villes assiégés, on tue et massacre, et les enfants ont autant de valeur que des chiots que l’on jette à l’eau.


1 Joseph Brodsky (1940-1990)

Arrêté pour « parasitisme social », (lire : « activité d’un poète récalcitrant »).
Exfiltré aux Etats Unis, prix Nobel de Littérature en 1987.
 

Quel lecteur de poésie n’a pas gardé en mémoire le fameux dialogue, devant la cour, à Leningrad, entre le juge et Iossip Brodski, lors de son procès pour «fainéantise », « parasitisme » en octobre 1964 ? À la déclaration de Brodski, qui rappela qu’il était « poète, traducteur poète », le juge eut cette répartie : « Et qui t’a reconnu comme poète ? Qui t’a fait entrer dans les rangs des poètes ? » À quoi l’auteur des Collines répondit : « Personne. Et qui m’a fait entrer dans les rangs de l’espèce humaine ? »