DANS CE QUI SE FAIT JOUR

Dans ce qui se fait jour

je ne saisis rien

comme un pas posé

sans empreinte

où se confondent

la route et moi

Jean-Marie Corbusier

23/07/2023

voix jj dorio inspiré par le poème ci-dessus et Youn Sun Nah « Mercy Mercy me » 2019

Photomontage

« hypnographies » JJD

sur une couverture de « le journal des poètes »

dont JM Corbusier est le rédacteur en chef

plus reproduction du petit mot rituel que m’envoyait

(maudit imparfait)

au début de chaque été Michel Cosem

SI JE ME SOUVIENS D’UNE ROSE


Si je me souviens d’une rose
D’un visage d’un vaisseau
C’est, nous dit Platon dans Phédon,
Que j’ai déjà vu cette rose
Ce beau visage ce vaisseau…

Par ce biais je me ressouviens
De toi ma belle de ton corps
De la nuit où tu me fais don
(À Cuba) de ton innocence


Je me ressouviens de Phylis
Écrit Théophile de Viau
Qui feint de valider la thé-
Orie de la réminiscence

Amour Beauté Éternité
Fixés dans le ciel des Idées

(qui en réalité ) 
S’évaporent comme l’essence

Théophile de Viau (1590-1616)


de la série : LIR'ÉCRIRE DES SONNETS ? IL FAUT ÊTRE SONNÉ !

Je me ressouviens version 1

voix avec accompagnement musical Ella Fitzgerald

All too son

Je me ressouviens version 2

voix avec accompagnement musical

Jo Stafford In love in van 1944

SEULES LES TRACES FONT RÊVER

SEULES LES TRACES FONT RÊVER René Char

trace d’un été hier en archipel
une couleur bleue - une odeur de sel
le cœur soudain éclate - le souvenir
transpire sur la natte africaine

va mon baiser
va vers les îles lointaines
camarade hiver aux portes de l’été
essence des moissons - papillon du soir
traversant l’ombre pour trouver la lumière


coquelicot en robe de gitane
bouton d’or en insigne à la clarté du jour
trace rouge et jaune - carnation de la chair
dans la blondeur des champs un éclat florissant
des miettes de soleil sur la mer qui appelle

Va trace ton chemin
la chaleur se vertèbre 
sur le rebord du ciel

une couleuvre se prélasse
au pied d’un mur de pierres dévoré de soleil
une trace de nacre – une pelure d’écaille

le sommeil est de mise pour rêver le silence

l’été est sur le sable comme trace d’un rêve


Maria-D Cano   22 juillet 2023

titre René Char italiques Jacques Brel
http://reveusedemots.blogspot.com/

poème dit par jean jacques dorio musique terry riley

SE DIFFRACTER

se diffracter
se défaire
de soi
comme l'escargot
laissant 
une trainée
légèrement
luminescente

les mots qu'on bave
s'effacent sur le pré
sur la toile
sur le papier


ça n'a aucune
importance
seul un haiku
est resté

l'écriture graphie
dessine des arabesques
jusqu'à l'infini

Dominique Ebrard


https://estourelle.blogspot.com/






se diffracter hypnographies dorio 22/07/2023

se diffracter voix et musique dorio 22/07/2023 9h54

ENTENDRE SANS TREMBLER VIVRE SANS Y PENSER

Et pour un bel été :

de Michel Chalandon

(entendre sans trembler, vivre sans y penser)

Entendre, que dire, que faire, il dort et il sourit, nous y sommes, et sommeillant nous sommes, de balcons en terrasses, et d’escaliers à la récolte tu ne tiens plus, tu ne domines plus, ils sont ici, et sommeillant ils sourient, les enfants en dormant, je tremble et je te dois, nous sommes, et y allant, et reprenant, et comprenant, de rêves en dérives, de cour en avenir, et d’espérance, du bleu et du vert, et des oiseaux, je chante et tu surviens, y sommes-nous vraiment, entendons-nous ce qui reste de courage, les yeux fermés et sommeillant, il sourit, je suis à cette dérive, je pose, tu trembles et tu reprends, tu tournes et plus rien ne t’agite, je te dois, je te dis, je sème et tu récoltes, y sommes-nous vraiment, en serons-nous encore, au calme et au feu, franchissons, détournons, commençons, les rives et les lois, le juste et le morceau, tu tiens à la main le reste de bois, et neuf, et commentant tu règnes et je comprends, j’entends, je tremble, tu évites de plus et de loin, de retrait et en garde, il faut encore que le supplice dure, et tenu, et tiré, tu cernes et je comprends, encore, et encore, quoiqu’il se passe, et quoiqu’on dise, il faut une tête pour tout comprendre, il faut une main et un cœur pour tracer, je te retiens et tu éclaires la route, soleil et ombre portée, je tiens et tu réclames, je veux et tu indiques, et sur le sable et sous les pieds, on arrache, on reprend et de proche en lointain, tu griffes le chemin, cœur épouvanté, le vent te retient, tu tournes, et je décide les ombres et les pleurs, les rives et la main, tu griffes et je couronne

(entendre sans trembler, vivre sans y penser)

À la main et au pied, balle au bond et murs étrangement lavés, tu racles et tu concèdes, y sommes-nous encore, entendons-nous combien de rives et de larmes, de pierres et de troncs, de verres et de tables, idées assemblées, cœurs évanouis directement au tremblement, subitement à la confession, je suis, je tourne, tu épargnes mes peines et mes joies, douleurs en apparence et rires déposés, devant ceci, devant cela, de fer et de terre, et pots, tout va encore et encore, fontaine à ta pierre, je te casse d’efforts et d’habitudes, et de sourires en feuilles blanches, tu crisses et je broie craie et cadence, de point en point et de traces en prières, tu présentes et j’entends je tiens, et tu reprends, nous sommes et nous sommes, et sommeillant, et tremblant, sur le bord, sur la rive, depuis, et plus encore, de vagues, en sanglots, et de citrons en aubépines, la main griffée, le reste au chaud, de dérives en accomplissements, et de miracles en escalier,

(entendre sans trembler, vivre sans y penser)

Un pas spécial, un saut sur l’herbe, et au pied de l’arbre, je tremble et tu réserves.

17 juillet 2023.

Michel Chalandon

https://poesieafranquevaux3.blogspot.com/

entendre sans trembler : dire sans y penser

Dorio 22/07/2023 01h44