Une poésie de vie, tout autre chose que cette fade vie poétique que s’obstinent à défendre tant de « romantiques » attardés dans leurs tours d’ivoire et de bêton. Julio Cortázar Les gens jeunes ont des velléités d’écrire des poèmes Et puis quand ils grandissent On leur fait croire Qu’il faut être un guerrier Et non manifester sa vulnérabilité Les gens jeunes vieillissent vite Ayant brisé le monde Par leur hubris Ignorants des exigences et des vertus De Poésie Nous avons besoin de poésie pour nous libérer de la guerre des dieux, pour déclarer notre amour, pour nous guérir, et aussi pour comprendre ce qui se passe à l'intérieur de notre langage. Michel Butor
C’ÉTAIT LE BON TEMPS DE LA VIE
Fougères d’étoiles dans la nuit des pierres Dans l’eau le sang des azalées rougit les nénuphars Sur terre je change des rubis en grappes de groseilles Tout est bon à ma jonglerie Composition à partir de poèmes brefs de Jean Orizet (1937-…) C’était le bon temps de la vie Quand pour le livre de poche jeunesse 70 poètes offraient leurs bouquets de Caprices de l’air Trésors de la terre Paysages de l’eau Mystères du feu 1 C’était, comme il n’est pas permis, des bulles de savants des rimes et des vers, Savants pour rire et pour chanter La pluie sur les galets, le vent sur les dunes, La fée électricité, l’encre sur les feuillets. C’était pour les nenfants, les nymphes et pour maman Qui d’une graine fécondée avait fait petit bout d’homme, Femme belle comme Vénus, l’étoile des bergers et des petits Jésus, Des Jeanne et des Marie et de tout ce que j’ai su À l’école où l’on m’apprit à réciter Demain dès l’aube Dame souris trotte les Effarés et les poèmes en coq à l’âne de Prévert. C’était le bon temps de la vie Quand l’on croyait au Paradis Sur terre et mer, l’air de ne pas y toucher, L’amour de la liberté, l’égalité et la fraternité. C’était trop beau pour être vrai C’était avant que la terre ne souffre ses pires calamités Que le vent souffle son CO2 Que la mer agonise Et que les enfants crient à tue-tête Assez ! Assez ! 1 Poèmes inédits choisis par Jacques Charpentreau (1928-2016)
COMMENT NAISSENT LES POSTS SUR POÉSIE MODE D’EMPLOI
Platon n’accorde pas droit de cité au poète Mais dans ton grenier Parmi les ouistitis les Indiens les belles dames Le poète au verbe coloré Est venu Blaise Cendrars Du Monde Entier D’abord toujours le stylographe Poinçon à tracer ses graphies (le mien est un feutre noir pointe fine il trace ses rondes et ses minutes tant que ma main lui donne l’énergie) Il m’écrit en lignes nouvelles inconnues même si pour le lecteur profane elles ont un air de ressemblance avec ce que de cet illustre inconnu il croit avoir déjà lu D’abord toujours le stylographe Ensuite les doigts sur le clavier du traitement de texte Pour, en quelque sorte, une réécriture, Un post transféré sur poésie mode d’emploi, Ce blog sauvage, caché dans la jungle des sites, Pour les rares lectrices et les lecteurs Du Monde Entier.
IL N’Y A PAS DE GRANDS POÈTES
Je crois qu’on ne peut jamais définir ex cathedra « Je suis un poète ».
Le simple fait de le dire signifie que vous ne l’êtes pas.
Michel Butor
Que de Grands Poètes de Notre Temps ! Qui n’aime pas les poètes Les « poètes » n’ont nul besoin d’être grands Exhibés exposés loués célébrés Mais lus Pour libérer nos pensées Pour rebattre les cartes de nos désirs Pour, nous servant de miroir, nous renvoyer à nos propres images Pour faire de la voix humaine un arc-en-ciel d’émotions Mais lus Pour prolonger leurs phrases obscures Chaos dansant 1 Ivresses pénitentes 2 Infini turbulent 3 Poète Hors de toute prétention Faisant entendre La part cachée de l’existence : Tout ce que l’on n’ose pas se dire, tout ce qu’on n’arrive pas à se dire, parce que c’est difficile à dire. 4 1 Nietzsche 2 Rimbaud 3 Michaux 4 Jean Tardieu
chanson : paroles musique interprétation jj dorio
enregistrement « brut » 05/11/2021
enregistrement studio juillet 2017 au Petit Mas à Martigues titre du cd "C'est la vie" 15 chansons pour 10 € ttc commande doriojeanjacques@gmail.com
NAÎTRE OU MOURIR DE LA DERNIÈRE PLUIE
Esta tarde llueve como nunca Y no tengo ganas de vivir corazón Cesar Vallejo Il pleut il pleut comme jamais tout ce soir Et je n’ai plus envie de vivre Plus du tout Mon petit cœur (ma traduction) il a plu toute la journée j’ai eu le temps de naître et de renaître cent fois de cette dernière petite pluie autant dire que j’ai ressenti une sorte de perte bénéfique un éparpillement du corps verbal des êtres et des choses seul à seul avec la pluie la plougeo 1 la lluvia sans discontinuer qui dégoûtait de vivre un poète à Lima tout le contraire de ma pluie ma petite pluie de naissance et renaissance faisant s’épanouir le corps verbal des êtres et des choses 1 occitan